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 pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe

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MessageSujet: pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe   Ven 2 Mai - 12:39

L’assurance-maladie allemande veut traîner Merck en justice, au nom des victimes du Vioxx. Retour sur un désastre annoncé

AOK (Allgemeine Ortskrankenkasse), la plus grande caisse publique d’assurance-maladie allemande a entamé des pourparlers avec la firme Vioxx.jpgMerck, afin d’obtenir 40 millions de dollars pour couvrir les dégâts infligés aux milliers de victimes allemandes du Vioxx assurées par les AOK. Mais la firme refuse, parce que la législation européenne, qui n’a que faire de la protection des usagers, ne l’oblige à rien… L’étape suivante pour AOK, c’est la justice, procédure récemment facilitée en Allemagne.

Nous revenons ici sur quelques étapes clé de ce désastre qui aurait pu être évité, parce que ce parcours en dit long sur les méthodes des firmes et qu’il y a de nombreux enseignements à en tirer. Ca devrait ouvrir même les yeux des plus indoctrinés parmi les inféodés aux pharmas, à condition qu'ils veuillent les ouvrir...

C’est un article du 10 octobre de l’édition allemande de Financial Times qui nous apprend que, cette fois-ci, les caisses publiques AOK de quatre Länder allemands sont décidées à prendre les choses en main et à aller plus loin : « AOK fordert Ausgleich für Vioxx-Schäden » (AOK exige réparation pour les dégâts dû aux Vioxx). La photo est tirée du même journal.

La législation européenne rend les firmes intouchables, quels que soient les dégâts et les dérapages

Cette union institutionnelle pourrait peut-être faire enfin bouger les choses et arrêter cette stratégie de Merck qui joue le pourrissement et la démolition de chaque cas individuel.

Le droit allemand a bien fait l’objet de révisions en 2002 afin de renforcer les droits des usagers, mais les règles restent trop compliquées pour permettre ne serait-ce qu’une seule victoire d’un patient se présentant seul.
Si on ajoute à cela les différences d’un pays à l’autre, le paysage juridique est catastrophique pour les usagers, et c’est la raison pour laquelle aucune plainte n’a abouti en Europe. Aucune !

Et c’est pourquoi pas un euro n’a été payé aux victimes européennes, ce qui contraste singulièrement avec les près de 5 milliards payés aux Etats-Unis, aux victimes comme aux assureurs publics et privés. Tous les procès intentés individuellement par des victimes européennes (et leurs familles) ont été perdus, puisqu’elles ont du mal à démontrer que c’est bien le Vioxx qui a provoqué les dégâts (crises cardiaques, décès…) et non pas leur condition préexistante de santé (facteurs de risque, maladies).
Or c’était précisément la stratégie voulue par Merck : réfuter les procès individuels un par un et refuser – puisque aucune loi ni aucun procès étatique fédéral ne l’y obligent – toute négociation d’ensemble.

Nouvel assouplissement de la législation fédérale allemande

La Cour fédérale de justice (Bundesgerichtshof) est intervenue il y a quelques semaines pour diminuer quelques obstacles auparavant Justice Pharmalot.jpginfranchissables : les juges de Karlsruhe ont décidé que les exigences de preuves à la charge du plaignant étaient impossibles à satisfaire et qu’il fallait donc les revoir à la baisse. Des experts tels l’éminent juriste Erwin Deutsch considèrent que la situation actuelle est inadmissible et ironisent : « Dans ces conditions, personne ne pourra jamais gagner le moindre procès contre une firme pharmaceutique. Alors pourquoi ne pas introduire carrément un article dans la loi, stipulant que les firmes ne sont pas tenues de payer des dommages et réparations »…

Merck espère faire durer le statu quo autant que possible, mais les AOK n’ont plus le temps, puisque la prescription intervient fin décembre.

Estimation du nombre de victimes allemandes

En 2006, l’Institut pour la qualité et le coût/efficacité en santé (IQWiG, pierre dans le jardin des firmes pharmaceutiques, à cause de son indépendance…) estimait à 7092 le nombre de victimes allemandes du Vioxx, dans une fourchette allant de 2.004 à 15.416 personnes. Cela dit, l’estimation se base sur l’étude VIGOR, - qui avait exclu les patients les plus malades - et ne prend en compte que les personnes ayant une assurance publique. Rien que l’ajout des patients ayant une assurance privée, qui sont d’ailleurs plus susceptibles de prendre des médicaments nouveaux, ferait augmenter ce chiffre d’au moins 20%.

Vioxx ou les conséquences d’un marketing qui démolit toute science et toute prudence sur son passage

Un autre article de l’édition allemande de Financial Times se penche sur les raisons d'une catastrophe qui aurait pu être évitée.

Merck affirme jusqu’à aujourd’hui que le Vioxx n’est pas défectueux, que la firme s’en est tenue strictement aux procédures scientifiques et médicales actuellement reconnues, et ce depuis la recherche jusqu’à la publication. « Le Vioxx est un cas d’école de ce qui arrive lorsque les garde-fou de la science et ses procédures de vérification et de falsifiabilité sont minimisés afin de promouvoir des intérêts commerciaux », nous dit le journaliste.

Les premiers avertissements sont délibérément occultés

Garrett Fitzgerald, de l’université de Philadelphie, était l’un des investigateurs du Vioxx, chargé seulement d’un bout de recherche : le métabolisme du Vioxx au niveau rénal. Mais la curiosité le pousse à s’intéresser à d’autres aspects et à découvrir très vite les possibles dangers du rofécoxib. Il écrit en 1998 un article pour alarmer ses confrères, mais doit le soumettre d’abord à Merck, qui avait financé ses recherches. La firme fait tout pour discréditer les résultats de Fitzgerald et pour donner une interprétation différente des conséquences cliniques qui en découlent.

Et pourtant… Tous les signaux d’alerte clignotent. Les employés de Merck refont les mesures de Fitzgerald et arrivent à des conclusions encore plus alarmantes, puisque les effets délétères se manifestent même à une dose réduite (12,5 mg) de rofécoxib. Rien ne filtrera de ces résultats obtenus en interne. Merck fait pression sur Fitzgerald, qui finit par abandonner et co-signer une présentation très vague des résultats, sans un mot sur ce qui pose problème. L’article est tellement vague qu’il est refusé par le New England Journal of Medicine et ne sera publié que dans une petite revue moins regardante.

Puis le Vioxx obtient l’AMM (autorisation de mise sur le marché) de la FDA (agence états-unienne du médicament) dans le traitement des douleurs rhumatismales chroniques et comme antalgique. Une FDA elle aussi très indulgente…

Les avertissements du risque d’effets secondaires graves sont étouffés par les tentacules d’un marketing euphorique qui réécrit aussi les articles pour la presse médicale

Après l'autorisation de mise sur le marché, l'agitation publicitaire et le véritable matraquage sur tous les supports des bienfaits de cette nouvelle « super-aspirine » détournent l’attention de tout le monde. Un communiqué de presse de l'université de Philadelphie reste ignoré par les media. Au lieu de chercher une information plus nuancée, les media de masse inondent médecins et patients avec des pseudo-informations et des exemples de patients miraculeusement guéris de leurs douleurs. Des spots publicitaires en publicités pour les médecins, le message initial s’emballe et atteint tout le monde : Vioxx est le médicament qu’il faut prendre pour soulager la douleur, et il a moins d’effets secondaires que ses concurrents, notamment moins d’effets délétères sur l’estomac, moins d’hémorragies digestives.

Et alors que les chiffres de ventes s’envolent déjà grâce à la publicité directe aux consommateurs (DTCA) assurée par les journalistes et les magazines santé dans les media, le service marketing fait tout pour que le Vioxx soit présenté aux médecins sous la lumière la plus favorable qui soit. Le risque d’augmentation des crises cardiaques n’est jamais évoqué, la mise en garde de Fitzgerald non plus.

Les experts rassemblés par Merck se prononcent pour une évaluation des risques, mais la firme fait la sourde oreille

En interne, Merck pose la question à ses scientifiques dès 1998 ; la firme convoque aussi des experts externes – probablement ses consultants et membres du speaker’s bureau -, et demande leur avis alors que les résultats de l’étude ne sont même pas encore publiés. La plupart recommandent à la firme de se donner les moyens d’évaluer ces risques cardiovasculaires dans les essais cliniques en cours, à savoir de revoir une partie de la conception de ces essais, qui n’était auparavant pas orientée vers l’enregistrement et la compréhension des effets secondaires.

Ils proposent un dispositif permettant de signaler et d’analyser le pourquoi et le comment des infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux et autres maladies cardiovasculaires, afin de pouvoir reconnaître d’éventuels effets secondaires rares tels des caillots sanguins. Les employés de la firme regardent les petits essais déjà menés et trouvent un certain nombre de données, qui ne sont cependant pas statistiquement significatifs.

Les conseils des experts « extérieurs » ne seront pas suivis.

Ce n’est que début 2000 que les chercheurs de Merck accèdent aux résultats de l’étude VIGOR, incluant 4.000 patients traités soit par Vioxx soit par naproxène. Sachant que ce dernier provoque assez fréquemment des inflammations gastriques et des hémorragies digestives. Merck saute de joie en apprenant que le Vioxx divise par deux le risque de complications hémorragiques du tract digestif et se hâte de transposer ces résultats dans un marketing qui ne connaît plus de limites.

Mais un résultat vient troubler la fête : dans l’étude VIGOR, 1 sur mille des patients sous naproxène fait une crise cardiaque, alors qu’il y a 5 infarctus sur mille sous Vioxx. Petite différence, mais quand même significative même en termes de risque absolu.

Le chef du département recherche de Merck s’inquiète des résultats, mais pas pour longtemps…

En mars 2000, le chef de la recherche de Merck, Edward Skolnick, voit les résultats pour la première fois et comprend immédiatement leur signification, qu’il expose dans un mail interne : « Les effets indésirables cardiovasculaires sont clairement présents… C’est dommage, mais nous voyons une fréquence plus élevée, et elle se base probablement sur le mécanisme que nous craignions“, à savoir celui mis en évidence dès le départ par Garrett Fitzgerald.

Skolnick envisage la mise en place d’un essai à grande échelle, seul moyen de confirmer ou infirmer la théorie de Fitzgerald et de savoir ce qui se passe, comme il le dit lui-même dans un autre mail où il manifeste ses inquiétudes.

Mais peu de temps après, les scrupules disparaissent comme par enchantement, et l’idée de complications thromboemboliques dues au Vioxx est enterrée. L’on ne peut pas reconstruire avec exactitude le chemin menant des inquiétudes à l’oubli. Mais on voit la perspective s’inverser : ce n’est pas le Vioxx (rofécoxib) qui augmenterait le taux de complications cardiovasculaires, mais… le naproxène qui le baisserait(!!). Et les chercheurs s’ingénient à construire une explication alambiquée, qui trompera à coup sûr tout non spécialiste. Et ils y croient dur comme fer…

La légitimation par la presse médicale

Ils font passer cette interprétation farfelue à coups de communiqués de presse diffusés partout, puis la légitiment par la publication, à l’automne 2000, des résultats de l’étude VIGOR dans le NEJM (New England Journal of Medicine). Aucune mention n’est faite de l’hypothèse de Fitzgerald. Merck achète près d’un million d’extraits du journal, puisque cette publication constitue l’onction officielle par la gente médicale – et vaut donc de l’or pour la promotion du Vioxx. Quant au NEJM, il gagne près de 800.000 dollars dans cette affaire…

D’autres méthodes de Merck et l’avalanche promotionnelle

La machine est lancée et elle roule d’elle-même, avec les résultats que l’on connaît et que cette excellente parodie expose mieux que des dizaines d’articles…

Gains boursiers Pharmalot.jpg

Peu après l’autorisation, le Vioxx apportait déjà des milliards de dollars : on estime le tout à 11 milliards de dollars. Alors quelques dizaines ou centaines de milliers de vies humaines ne pèsent pas lourd dans la balance. Et les près de 5 milliards payés par Merck aux Etats-Unis non plus.
Cela montre à toutes les firmes que ça vaut la peine d’occulter des données, de falsifier des études et de tromper tout le monde, puisque le gain net reste quand même de 6 milliards de dollars… Sans parler du fait que la firme n’a pas déboursé un centime ailleurs. C’est tout bénéf’.

Pour voir comment le marketing s’est déployé dans toute sa splendeur et a mené à la falsification des résultats montrant les risques cardiovasculaires, on peut lire un véhément éditorial du JAMA (Journal of the American Medical Association), qui s’est rendu compte qu’elle s’est fait avoir en publiant des articles refaits par des auteurs-fantôme (ghostwriters) et que les grands noms qui figurent comme auteurs ne sont là que pour faire passer ce montage publicitaire pour de la science…

Le même éditorial du JAMA est intéressant aussi parce que la direction de la rédaction pose le diagnostic juste, tire les leçons du passé et envisage une stratégie globale d’assainissement des publications dans la presse médicale. Nous l’avons traduit dans la note « Virulent éditorial du JAMA et propositions pour limiter conflits d'intérêts, ghostwriting, manipulation par les firmes ».

Il était temps d’envisager une politique globale en matière de définition du statut des auteurs et de gestion des conflits d’intérêts, en espérant leur suppression. Oui, il est grand temps qu’une telle politique commence à se concrétiser, puisque la situation dans la recherche clinique et dans les publications a atteint son niveau de corruption le plus bas, comme on peut le lire dans ce texte hallucinant que nous avons traduit et qui mérite une large diffusion : « Marcia Angell dénonce la manipulation de la recherche clinique et le contrôle de l’information médicale par les firmes ».

L’affaire Vioxx a eu un effet inattendu : la prise de conscience du sénateur Charles Grassley, grâce au lanceur d'alerte Dr David Graham

…et on peut imaginer que le syndicat états-unien de l’industrie pharmaceutique (PhRMA) donnerait n’importe quoi pour qu’il en soit autrement. Nous en avons parlé ailleurs :
le Dr David Graham, épidémiologiste à la FDA a été le lanceur d’alerte dans le cas Vioxx (comme dans d’autres).
Une partie de l'histoire est exposée dans cet article de MSNBC (avec la photo de Graham). Muselé et menacé par sa hiérarchie et les acolytes industriels de celle-ci, il s’est adressé au sénateur Grassley, alors chef de la puissante Commission des finances, qui a déclaré publiquement que Graham était désormais sous sa protection.

David Graham MSNBC.jpg

Le tandem fonctionne toujours, on a vu son efficacité récemment encore dans le cas Avandia (cf. nos notes là-dessus, celle-ci, par exemple), puisque c'est David Graham qui a fait parvenir à Grassley l'estimation de 83.000 crises cardiaques provoquées par Avandia depuis sa mise sur le marché. Et Grassley a une ligne de fax réservée aux lanceurs d’alerte qu’il protège par la suite. Il a ouvert des dizaines d’enquêtes, proposé des amendements ou des projets de lois, fait pression pour obtenir des documents ou alors le départ de tel médecin corrompu et rendu publics ses investigations, qui ont trouvé un large écho dans le public et ont provoqué un changement dans l’attitude générale de l’opinion vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique et de la FDA. (On reviendra sur les détails dans une note à part, tellement ils sont nombreux…)

Retour en Allemagne

Certaines caisses AOK envisagent aussi un procès contre la firme Bayer, au nom des victimes du Trasylol (aprotinine), traitement de certaines maladies cardiovasculaires retiré du marché en 2007 pour cause d’effets secondaires graves et d’augmentation de la mortalité. Voici ce qu’en a dit l’AFSSAPS, une fois que ses homologues étrangers ont fait le travail…

Notre éternelle question : Et en France ?? Question.jpg

Ca bouge en Allemagne ! Ca bouge et ça secoue partout aux Etats-Unis ! Alors à quand une mobilisation de la Sécurité sociale française au nom des victimes et de toutes les dépenses résultant des effets secondaires du Vioxx et d’autres médicaments défectueux, qu’ils soient ou non retirés du marché ?

Mais encore faudrait-il assouplir un cadre législatif-juridique trop favorable aux firmes en l’état, comme cela a été fait en Allemagne. Il y a beaucoup de boulot et aucun volontaire à l’horizon…

Ah, qu’elle est belle la vie des laboratoires pharmaceutiques en France ! Une vie sans souci, sans limitations, au-dessus des lois, où les industriels ont tous les droits, y compris celui de prostituer l’éthique au nom du profit... L’image que nous en donnions n’était pas éloignée de la réalité…



Elena Pasca

00:58 Publié dans Procès victimes médicaments, réparation justice | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vioxx, merck, marketing, manipulation, recherche, victimes, dommages et intérêts |  Facebook
Commentaires

J'ai du mal à comprendre que l'on puisse faire deux poids deux mesure pour un même problème

[Lien publicitaire supprimé par Pharmacritique. Nous ne sommes pas ici pour vendre des assurances! Ni d'autres choses d'ailleurs. La prochaine fois, je fais comme d'habitude dans pareils cas: commentaires effacés intégralement + IP supprimé + signalement comme spam. Merci de m'éviter cette perte de temps.]

Écrit par : Julie | 20/01/2011

Quelques nouvelles à propos du Vioxx

Après une longue bataille juridique, Merck pourra être poursuivi en justice par les investisseurs et actionnaires, notamment pour fraude et manque d'information (ou même désinformation délibérée, à voir...) dans l'affaire du Vioxx (rofécoxib). La firme prétendait que l'action aurait dû être intentée plus tôt, puisque des informations étaient disponibles depuis 2003, notamment dans la presse.
C'est la Cour suprême des Etats-Unis qui vient d'autoriser l'action en justice:

"Supremes: Merck investors can pursue Vioxx lawsuit"
http://www.fiercepharma.com/story/supremes-merck-investors-can-pursue-vioxx-lawsuit/2010-04-28?utm_medium=nl&utm_source=internal

En 2009, l'administration Obama est directement intervenue pour soutenir les droits des investisseurs et actionnaires à se tourner contre Merck:
"Obama backs investors' rights in Merck case"
http://www.fiercepharma.com/story/obama-backs-investors-rights-merck-case/2009-10-27

Cela va s'ajouter aux sommes d'argent déjà payées pour dédommager les victimes états-uniennes. Cf. cet article de novembre 2007 du New York Times, qui rend compte des détails de l'amende de 4,85 milliards de dollars payée par Merck suite à 27.000 plaintes de victimes ou familles de victimes qui ont eu des effets indésirables (en particulier cardio-vasculaires: infarctus...) ou sont décédées suite à la prise de Vioxx.
"Merck Agrees to Settle Vioxx Suits for $4.85 Billion"
http://www.nytimes.com/2007/11/09/business/09merck.html

Et bien sûr, je repose la question posée à maintes reprises dans les articles parlant du Vioxx et d'autres médicaments défectueux pour lesquels les laboratoires pharmaceutiques qui les commercialisent ont dû payer des amendes et des indemnisations:

Mais où sont donc les victimes françaises du Vioxx, du Zyprexa, etc.? Pourquoi ne sont-elles pas reconnues et indemnisées? On voit, là encore, à quel point l'absence de loi permettant une action de groupe (recours collectif en justice) favorise les industriels et laisse les victimes françaises de médicaments sur le carreau...

Quant on pense aussi aux difficultés que connaissent les victimes de l'Agréal et même du Médiator à s'organiser et à faire valoir leurs droits... Et encore, le scandale public autour du Médiator a permis de faciliter les procédures. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt.

Espérons que l'initiative de Que Choisir en faveur d'une action de groupe finira par aboutir. Et que la Sécurité sociale s'inspirera de cette action des caisses publiques allemandes d'assurance-maladie. Et que les médecins doivent un jour rendre des comptes pour les conséquences de leurs prescriptions. Mais je ne suis pas optimiste, compte tenu des dernières nouvelles quant à la responsabilité civile professionnelle des médecins... Quel tollé, quelle levée des boucliers lorsque Xavier Bertrand a évoqué la possibilité d'une participation des médecins à l'indemnisation des victimes du Médiator! Pourtant, ce débat devrait avoir lieu. Mais Sarkozy caresse les médecins - bastion électoral traditionnel de la droite - dans le sens du poil, comme on le voir à travers toute une série de mesures qui méritent un article à part.

Si les médecins ne sont jamais responsables, peut-être devraient-ils demander qu'on les déclare tous irresponsables Wink) Cela règlerait le problème de la responsabilité professionnelle une fois pour toutes, s'ils ne veulent pas payer de primes d'assurance Wink)

Écrit par : Elena Pasca | 13/08/2011
source du site pharmacritique


Dernière édition par czarus pipinus le Jeu 8 Mai - 14:20, édité 1 fois
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MessageSujet: pas de législation au canada non plus   Ven 2 Mai - 13:41

source pharmacritique

27/12/2012
"Mourir sur ordonnance: Un père enquête sur l’industrie pharmaceutique"...

Terence H. YOUNG, Mourir sur ordonnance : Un père enquête sur l’industrie pharmaceutique, pierre biron,terence h young,mort sur ordonnance,prepulsid effets indésirables,médicaments décès,effets indésirables pharmacovigilance,cisapride effets indésirables,cisapride effets cardiovasculaires,prescription hors amm,reflux gastro-oesophagien médicaments risques,johnson & johnson,information effets indésirables,médecine profit commerce,industrie pharmaceutique profit,médecins responsabilitéMontréal, Écosociété, 2011, 352 pages. Préface de Jean-Claude St-Onge (auteur de L’Envers de la pilule). Traduction par Françoise Forest et Geneviève Boulanger

Légende de la photo :

La première de couverture de la version française montre une épitaphe (fictive) : VANESSA CHARLOTTE YOUNG (l984-2000) PREPULSID – POSOLOGIE 50 MG PAR JOUR

Recension par Pierre BIRON*

Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal (auteur de l’Alterdictionnaire médico-pharmaceutique anglais-français, présenté en détail à la fin de cet article).

« Une nuit de terreur » est le titre approprié du chapitre premier d’un livre remarquable qui se lit comme un roman sauf que tout est vrai. L’ouvrage constitue un documentaire dramatique rédigé par un député fédéral canadien du parti Conservateur (comparable à l’UMP) d’une ville de la province de l’Ontario, Canada, dont la jeune fille est morte devant lui d’un effet indésirable rare mais grave d’un médicament qui n’aurait jamais du demeurer sur le marché au Canada et n’aurait jamais du être prescrit à sa fille.

C’est l’histoire d’un père sur le tueur de sa fille, la multimilliardaire industrie pharmaceutique. Lisez le prochain paragraphe à haute voix, cela vous donnera le ton de l’ouvrage :

« Vanessa s’élance en direction des escaliers avant de retomber brusquement en arrière. Sa tête percute le plancher avec un bruit sourd, comme si une main géante invisible l’y avait poussée. Elle était toute molle, muette, inerte et pâle. Un terrible pressentiment m’a envahi. J’ai placé mon index sur sa carotide. Je ne sentais aucun pouls, aucun battement. Rien. Les secours arrivent : - Prenait-elle des médicaments? – Elle prend du Prepulsid™ (cisapride) pour apaiser ses ballonnements – Autre chose? – Non »[1]

Ce père a vécu le pire cauchemar de tout parent : voir sa fille de 16 ans mourir subitement dans le salon de la maison familiale. L’ouvrage relate son enquête menée dans les arcanes de Santé Canada (Agence canadienne du médicament), d’une mondiale du médicament et de l’establishment médical.

Une association était déjà connue entre le cisapride et la survenue d’arythmies cardiaques sévères : tachycardie ventriculaire, torsades de pointes, fibrillation ventriculaire et mort cardiaque soudaine. Le produit était indiqué pour le traitement de la gastroparésie (ralentissement gastrique), de la pseudo-obstruction intestinale et du reflux gastro-oesophagien qui ne peuvent être corrigés par des changements du mode de vie ou la prise d'antiacides et de réducteurs de l'acidité gastrique. Vanessa, une ado qui avait des ballonnements ou vomissait à l’occasion, se l’est vu prescrire pour traiter ce trouble pour lequel il n’était pas homologué

Chaque chapitre du livre en dit long sur la démarche de son auteur. « Ils en prescrivent comme si c’était de l’eau… Une mort prévisible.. Une conspiration du silence… Nier, retarder, diviser, dénigrer… Personne n’est à l’abri… Des alliances honteuses, tous contre une… Des amis haut placés… Une industrie qui a besoin de malades… Spécialistes sous influence… Sur la piste de l’argent »

« Young fait une radiographie aussi nette qu’inquiétante de ce qui cloche dans l’industrie pharmaceutique. Il met en évidence les carences sérieuses et considérables des autorités règlementaires - comme Santé Canada - qui ne font pas leur travail de gardien de la sécurité des citoyens… Le livre est exemplaire dans la mesure où il met en relief les pratiques immorales et corrompues d’une industrie odieusement lucrative… Bien qu’il ait été banni du Canada et des États-Unis en 2000, le Prepulsid™ était toujours disponible en 2007 sous 76 noms de marque différents à travers la planète » écrit le philosophe canadien Jean-Claude Saint-Onge dans la préface
« Ceux qui croient que notre pays le Canada s’en tire mieux que les États-Unis déchanteront en lisant Mourir sur ordonnance écrit par le député Conservateur Terence Young. Ce dernier a perdu sa fille à cause des effets secondaires d’un médicament contre le reflux gastrique. Grâce à l’enquête détaillée qu’il a menée, on découvre que le système canadien de pharmacovigilance est bien pire que celui de nos voisins du Sud.
Notre système de gestion des risques des médicaments est scandaleux…

En janvier 2011, Santé Canada a tenu des audiences en vue d’améliorer (sic) la façon de règlementer les médicaments. Au nom de la modernisation, et sous la pression des firmes, le ministère a proposé de relâcher les exigences en matière de sécurité avant la mise sur le marché d’un nouveau médicament. Adieu principe de précaution! On accélère la mise sur le marché en espérant qu’il ne s’avèrera pas dangereux.
Le député Terence Young était présent et a pris la parole. Il a qualifié le processus de ’sinistre farce’ et a quitté la salle avec toute la dignité d’un père qui se bat pour que sa fille ne soit pas morte en vain »[1] déclare un professeur canadien de politiques publiques qui est aussi chercheur associé au Centre d'éthique de l'Université Harvard

Entre son arrivée sur le marché en 1990 et février 2000, Santé Canada a reçu au moins 44 notifications spontanées de cas possibles d'anomalies du rythme cardiaque associées à l'usage de Prepulsid™, dont au moins 10 cas de décès. Aux États-Unis, la FDA a reçu 341 rapports de cas de troubles du rythme cardiaque, dont 80 ont été mortels.

Cette mort aurait-elle pu être évitée ? Et que faire pour en éviter d’autres ? La compagnie Johnson & Johnson a-t-elle négligé ses responsabilités ?

Et les médecins ? Dans l’adversité, Terence Young s’est juré de répondre à ces questions douloureuses. Pour honorer la mémoire de Vanessa. Pour faire son deuil. Pour obtenir justice. 


Digne du meilleur journalisme d’enquête, cet ouvrage nous entraine dans les coulisses, pas très propres, de l’industrie pharmaceutique.

Un père, sur la piste des responsables de la mort de sa fille, découvre un univers qui donne froid dans le dos. Il dresse un solide réquisitoire contre des pratiques qui font passer les intérêts des actionnaires avant la vie des citoyens, et sonne l’alarme.


Chaque année, environ 10 000 décès survenus dans les hôpitaux du Canada et 100 000 dans ceux des États-Unis sont attribuables à un effet indésirable médicamenteux grave. Cela représente la 4e plus importante cause de décès.

Mourir sur ordonnance met un visage et une histoire sur ces sombres statistiques. Dans l’espoir que médecins, patients et lecteurs avertis changent leur façon de prescrire ou consommer des médicaments ordonnancés. Et qu’on ne banalise jamais une ordonnance, même si elle est pertinente, ce qui n’était même pas le cas pour Vanessa

Que pense la revue Prescrire du cisapride? « Le cisapride (Prepulsid°) est à l'origine d'effets indésirables cardiaques sévères.

Ce médicament a été retiré du marché dans plusieurs pays. Les autorités françaises du médicament en sont restées jusqu'ici (2005) à des demi-mesures de restriction des prescriptions et de surveillance des patients sous cisapride ».[2] Les titres de ses articles sont révélateurs :

Cisapride, encore un sursis … Lente disparition… sur prescription restreinte… Demi-mesures en pharmacovigilance, au service de qui?... Demi-mesure inexplicable et dangereuse… Troubles cardiaques.. Troubles du rythme graves… Risque cardiaque chez le prématuré…

Depuis la mort de sa fille, Terence Young a fondé Drug Safety Canada, une organisation qui milite en faveur d’une plus grande sécurité en matière de médicaments. Au Parlement canadien il se bat pour la création d’une agence du médicament indépendante

Si la pharmacovigilance commence à vous intéresser, on ne peut imaginer un meilleur manuel d’introduction débordant de vécu.

Si vous ne saviez pas ce que veut dire la prolongation de l’intervalle dit QT sur le tracé de l’électrocardiogramme, vous ne l’oublierez jamais. Cet intervalle témoigne de la conduction de l’influx électrique à travers le muscle cardiaque : sa perturbation peut mener à l’arrêt cardiaque définitif même si vous êtes bien portant, jeune ou vieux.

Un livre à lire. Très bien écrit et traduit.
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MessageSujet: en belgique ils continuent a écouler les stocks   Ven 2 Mai - 13:50

malgré le scandale du cisapride et même si il est retiré de la commercialisation les labos continuent a écouler leur stocks pendants des années et ceci s'est passé également pour l'agréal
source afmps

Prepulsid (cisapride) : arrêt définitif de la distribution
date: 10 novembre 2010

La firme Janssen-Cilag, titulaire de l’autorisation de mise sur le marché du Prepulsid (cisapride), a informé l’AFMPS que ce médicament indiqué pour traiter des troubles graves de la motilité gastrique, ne sera plus disponible en Belgique à partir du 30 avril 2011. Ceci fait suite à l’arrêt de sa commercialisation en 2004 pour des problèmes de sécurité, suivi par le « Prepulsid Patient Access Program » destiné à mettre le stock restant de Prepulsid à disposition des patients qui ne réagissaient que peu ou pas à d’autres traitements. Actuellement, il n’y a plus aucun argument pour poursuivre ou instaurer un traitement par le Prepulsid.

La mise sur le marché du Prepulsid (cisapride) a été arrêtée en 2004, à l’échelle mondiale, suite à la survenue de problèmes cardiaques (allongement de l’espace QT dans l’électrocardiogramme et arythmie ventriculaire) lors de son utilisation dans le traitement de la gastroparésie chez l’adulte et du reflux gastro-oesophagien chez l’enfant de moins de 3 ans.

En 2004, la firme Janssen-Cilag, en accord avec les autorités belges compétentes, a mis en place le « Prepulsid Patient Access program ». Ce programme permet aux patients qui ne réagissent pas à d’autres traitements de disposer, à titre gratuit, du stock restant de Prepulsid, sous un contrôle médical très strict. Ce stock sera épuisé à la fin avril 2011.

De toute façon, après évaluation de toutes les données disponibles et concertation avec les médecins spécialisés en la matière, le Comité pour les médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et la Commission belge pour les médicaments à usage humain estiment qu’il n’y a actuellement plus aucun argument pour poursuivre ou instaurer un traitement au Prepulsid.

Les médecins et les pharmaciens ont reçu un courrier (PDF, 575.76 Kb) de la firme Janssen-Cilag pour les informer à ce sujet.

Contact : comm@fagg-afmps.be

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MessageSujet: les psychotropes rapportent un max   Ven 2 Mai - 16:24

21/07/2008
Rapport annuel du Vermont sur l’argent de la corruption des médecins. Les psychiatres sont en tête – et les psychotropes aussi…

L’Etat américain du Vermont est l’un de ceux dont la législation impose aux firmes pharmaceutiques de déclarer au parquet les sommes 1162912029.jpgpayées aux médecins à des fins de marketing (« Marketing Disclosure Law », dont le pionnier est l’Etat de Minnesota).
Le parquet du Vermont a rendu public le 8 juillet son 5ème rapport annuel sur ces liens financiers qui placent toujours les psychiatres en tête des médecins les plus payés pour faire marcher le commerce.
Le procureur général, William Sorrel, commente : « ce rapport montre de nouveau l’influence trop grande de l’industrie pharmaceutique sur la pratique de la médecine au Vermont. (…) Il est particulièrement troublant que l’industrie paye des sommes aussi élevées pour influencer la prescription de médicaments psychiatriques »,
ajoute-t-il dans sa déclaration. Tout cela nous aprrend à chausser des lunettes critiques, pour un bon décryptage faisant la part entre information et soupe publicitaire servie par citernes entières par les médecins inféodés.

La version complète s'intitule Pharmaceutical Marketing Disclosures Report (Rapport des déclarations publiques des sommes payées au titre du marketing).

Quant au rapport des déclarations faites en 2006, il est ici : Marketing Disclosures – Report of Vermont Attorney General William H. Sorrell. Lecture très instructive…

De qui et de quoi parle-t-on?

Pendant l’année fiscale 2007, 84 firmes ont déclaré avoir payé plus de 3 millions de dollars aux médecins de Vermont pour promouvoir la prescription de leurs médicaments respectifs.
Ces sommes correspondent à des paiements pour des activités de conseillers et de conférenciers (à des fins publicitaires), à des frais de voyage, des cadeaux et d’autres formes de rétribution des médecins pour des agissements promotionnels. Il y a aussi des paiements à des pharmaciens et à des universités/hôpitaux/cliniques,
mais si vous regardez les chiffres (en haut de la page 8 du rapport), les montants sont insignifiants par rapport à ce qu’empochent les médecins… Ils ont même décliné depuis 2005, alors que les médecins ont reçu beaucoup plus, puisque le procureur général constate une augmentation de 33% par rapport à 2006 et de 42% par rapport à 2005… Les médecins sont-ils plus gourmands ou les firmes plus généreuses ? Ou alors la gourmandise est la même, mais les laboratoires sont plus "honnêtes" dans leurs déclarations, vu les pressions ambiantes…

Il faut rappeler que, conformément aux dispositions de la loi de transparence du Vermont ("sunshine law", "marketing disclosure law"), détaillées dans ce guide explicatif, ces sommes ne comprennent pas les échantillons gratuits, les frais liés à la formation médicale continue, les cadeaux, repas ou autres valeurs de moins de 25 dollars, certaines bourses ou financements d’études, la rétribution pour les activités dans les essais cliniques, les rabais sur les médicaments et d’autres financements moins directs que les sommes d’argent… Autrement dit, les sommes déclarées ne sont qu’une petite partie des financements réels…

Les cinq firmes qui ont payé le plus pour faire vendre leurs médicaments sont Eli Lilly, Pfizer, UCB, Novartis et Merck.
Leurs « investissements » - car c’est de cela qu’il s’agit lorsqu’une firme paie un médecin et attend un retour sur investissement sous forme d’une augmentation de la vente de ses produits – représentent à eux seuls 56% du total des 3 millions.

Notre firme nationale – Sanofi Aventis – était numéro quatre en 2005 et numéro deux en 2006. Gageons que ce qu’elle récolte avec le Gardasil l’aidera à revenir dans le top 5…

Quels spécialistes empochent le plus?

Les destinataires de cet argent de la corruption ne sont pas logés à la même enseigne, probablement parce que leur rendement n’est pas le même… Sur ces 3 millions de dollars, 2 millions (soit 68%) sont allés à 100 médecins et institutions.

A noter que les psychiatres sont de nouveau les plus gâtés (au sens de pourris…) : 11 d’entre eux ont reçu à eux seuls plus de 600.000 dollars (soit 20% du total). Le montant moyen empoché par un psychiatre pour faire de la publicité et prescrire les médicaments des laboratoires payeurs a été de plus de 56.000 dollars… Manifestement, ils n’ont pas de raison de pleurer misère. D’autant que les paiements aux psychiatres ont augmenté de 88% ( !) en 2007 par rapport à 2005. On peut pleurer misère si on regarde ce que ces conflits d’intérêts donnent chez les patients, mais ça, c’est une autre paire de manches…

En deuxième position des plus corrompus arrivent les médecins spécialisés dans le traitement des affections cardio-vasculaires. Deux d’entre eux se distinguent pour avoir reçu la coquette somme de 312.000 dollars. Dites donc, leurs prescriptions, ça doit être le puits sans fond… Et on peut imaginer à quoi peuvent ressembler leurs interventions « scientifiques » lors de rencontres médicales…

En troisième position arrivent les internistes, corrompus en moyenne par un peu plus de 13.000 dollars. (Il faut souligner ici que la définition de la médecine interne est plus large aux Etats-Unis qu’en France ; elle peut comprendre des médecins généralistes, des cardiologues, etc.).

Quels sont les médicaments pour lesquels les médecins empochent le plus?

Le rapport du procureur général de l’Etat de Vermont se penche pour la première fois sur les médicaments dont le commerce est « encouragé » par l’argent de la corruption. Parmi les milliers existants, 20 médicaments sont particulièrement valorisés par les firmes qui les produisent ou les commercialisent, au point de justifier 62% du total des dépenses marketing. La quatrième page du rapport énumère le top 10 des médicaments dont les firmes encouragent la prescription :

   Strattera° (atomoxétine), par la firme Eli Lilly, prescrit dans le trouble déficitaire d’attention avec hyperactivité (TDAH ou TDAHA) ;
   Ritaline° (méthylphénidate/ nom USA : Metadate), par Novartis : dérivé amphétaminique prescrit dans le trouble déficitaire d’attention avec hyperactivité ;
   Januvia° (sitagliptine), par Merck, dans le diabète de type 2 ;
   Seroplex / Sipralex° (escitalopram/ Lexapro), par Forest (Lundbeck en France), ISRS utilisé dans la dépression, le trouble anxiété sociale, le trouble anxiété généralisée, la prévention des crises de panique ;
   Cymbalta° (duloxétine), par Eli Lilly : dépression et douleurs neuropathiques dans le diabète ; Lantus° (insuline glargine), par Sanofi-Aventis : diabète de type I et II ;
   Seroquel° (quétiapine), par Astra Zeneca : antipsychotique atypique utilisé dans le trouble bipolaire et la schizophrénie ;
   Ebixa° (mémantine / Namenda), par Forest (Lundbeck en France) : dans la démence de type Alzheimer ;
   Inegy/ Ezétrol° (ezétimibe + simvastatine ; ézétimibe. Noms USA : Vytorin/Zetia), par Merck et Schering Plough, dans le traitement d’un taux de cholestérol trop élevé ;
   Belsar ou Olmetec° (olmésartan medoxomil), par Daiichi-Sankyo : hypertension artérielle.

Chausser les lunettes critiques nous apprend que c'est le bon marketing qui fait le médicament

Quand on voit Ebixa (mémantine) sur cette liste, on comprend pourquoi un médicament notoirement sans effets bénéfiques dans l’Alzheimer, mais pouvant avoir des effets indésirables sévères, voire très sévères, se vend aussi bien…
Forest et Lundbeck mettent le paquet  dans la pub, et il y a des médecins et des usagers qui y croient. Qu’on se rappelle que la Haute autorité de santé a quand même maintenu la mémantine et les inhibiteurs de la cholinestérase (donépézil (Aricept), galantamine (Reminyl) ou rivastigmine (Exelon)) sur la liste des produits à prescrire aux malades… Honteux !

Et puis Inégy et Ezétrol, dont les firmes Merck et Schering Plough savaient parfaitement au moins depuis début 2007 qu’ils n’ont pas d’effets cardiovasculaires bénéfiques. Ce qui ne les a pas empêché de faire une publicité de tous les diables, y compris une fois que le scandale a éclaté… Nous en avons parlé dans les toutes premières notes de la catégorie (Anti) cholestérol, Ezétrol, Inegy.

Ainsi, le British Medical Journal a accepté des publicités pour Ezétrol et Inegy bien après les révélations parlant de la manipulation des données de l'essai clinique, du changement des critères de jugement en cours de route, de la tentative d'occulter les résultats, etc.
Et pourtant, le même BMJ pestait encore très récemment contre les leaders d'opinion et les techniques de vente des firmes pharmaceutiques... Nous en avons rendu compte dans la note intitulée Les médecins leaders d'opinion : pantins du commerce pharmaceutique... Le British Medical Journal dénonce. Puis avons rappelé ce précepte de bon sens consistant à balayer d'abord devant sa porte, pour réduire un peu cet écart abyssal entre la théorie et la pratique: Et si le British Medical Journal balayait aussi devant sa porte?

Ce journal n'est pas pire que d'autres, là n'est pas la question. La même chose pourrait s'appliquer au JAMA (journal de l'Association américaine de médecine), dont la directrice de rédaction a elle aussi écrit une dénonciation très juste de toute une série de méthodes de l'industrie pharmaceutique, assortie de propositions pour assainir cet environnement médical malsain. Nous avons traduit le texte ici: Editorial du JAMA avec des propositions pour limiter conflits d'intérêts, manipulation, désinformation, influence des firmes pharmaceutiques... N'est-ce pas beau de vouloir limiter l'influence de l'industrie pharmaceutique? Mais quand on se fait payer son salaire par les publicités pour cette même industrie, on est du coup légèrement moins crédible...

Il vaut mieux essayer de donner l'exemple lorsqu'on veut donner des leçons qui soient autre chose que des discours qui servent à apaiser sa conscience à peu de frais. C'est le cas de le dire: peu de frais, puisque la majorité est prise en charge par l'industrie, alors...

Elena Pasca

01:38 Publié dans Conflits d'intérêts en psychiatrie; DSM


Dernière édition par czarus pipinus le Ven 9 Mai - 9:23, édité 1 fois
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bbhepar



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MessageSujet: Re: pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe   Dim 4 Mai - 0:19

Merci Bénédicte pour toutes ces informations, mais il faut que tu postes dans le forum "liens d'information" pour chaque sujet posté.
Je vais essayer de le déplacer au bon endroit.

Bonne nuit
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MessageSujet: moi pas savoir   Dim 4 Mai - 1:18

merci audrey,
michel m'a gentiment fait la même remarque mais comme je l'ai souvent dit je n'ai pas eu d'ordinateur pendant mes 42 premières années de vie et je suis donc une authentique brelle en informatique et utilisation de forum encore plus(puisque je ne me suis jamais inscrite sur aucun forum). où sont donc ces fameux "lien d'information"??? que j'utiliserais bien volontier pour vous éviter du travail et d'autre part sur notre post personnel a quoi sert "nouveaux"?? je remercie en passant bree qui m'a expliqué comment faire ma signature.et je ne parle pas de ses sympatiques petites îcones dont je ne sais quoi faire mais qui paraissent fort utiles
ohé ohé braves gens vous pouvez sourire je ne serais pas fâchée lol! 
j'espère que tu vas bien audrey,amitié,béné
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MessageSujet: j'ai trouvé   Dim 4 Mai - 1:24

au temps pour moi audrey je viens de trouver je crois "lien d'information" dans l'index....sorry du dérangement
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MessageSujet: Re: pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe   Dim 4 Mai - 19:00

Bonjour Bénédicte,

Et bien ma foi, tout va bien. Je profite du beau temps et de ranger mon appart' puisque nous venons de déménager. Peu de temps en ce moment pour aller sur le forum  Rolling Eyes J'espère que de ton côté ton sevrage avance doucement.
Tu as trouvé "liens d'information" ? ok.
Pas de souci, c'est normal d'apprendre et petit à petit tu comprendras mieux comment fonctionne un forum.
Sur ce forum d'entraide, il y a ce que l'on appelle plusieurs forums et tu peux naviguer pour trouver les informations dont tu as besoin.
Pour l'icône "nouveau", il s'agit de créer un nouveau sujet dans le forum où tu te trouves.

Passes une bonne soirée.
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MessageSujet: Re: pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe   Jeu 8 Mai - 5:25

Marion Larat est la première victime de la pilule à avoir porté plainte en France. Et elle continue son combat. Elle s’est rendue au siège de Bayer, en Allemagne, pour témoigner. Et elle raconte le mur auquel elle s’est heurtée…

En décembre 2012, Marion Larat déposait plainte en France, contre le laboratoire Bayer et contre l’Agence du médicament pour "atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine". Six ans auparavant, en 2006, elle s’effondrait dans sa salle de bain, victime d’un AVC. Elle s’en sortira mais restera handicapée à 65%, épileptique, avec des difficultés pour marcher, parler…

En 2010, elle rencontre un nouveau copain, demande à une nouvelle gynécologue de lui prescrire une pilule. Celle-ci demande la transmission des tests sanguins réalisés après son AVC et découvre le facteur II de Leiden, qui accentue la coagulation. Elle n’aurait jamais dû prendre la pilule. Et c’est clairement celle-ci, Méliane de Bayer, qui a provoqué l’AVC.

Marion décide alors de mener un combat, de porter plainte, pour que les autres femmes soient au courant des dangers de la pilule. Que les médecins arrêtent de la prescrire presque sans réfléchir.

C’est grâce à elle que le sacandale des pilules de 3e et 4e génération a éclaté en France en 2012.

Mais, pour elle, le combat n’est pas fini. Sur le Huffingtonpost.fr, elle explique s’être rendue au siège de Bayer à Cologne, pour témoigner lors de l’assemblée générale de l’entreprise avec d’autres victimes. Au milieu des actionnaires, elle se sent perdue. "Le grand manitou de Bayer, le Dr Dekkers, commence à parler de combien de pourcentage il a augmenté les valeurs de la société, nourri toutes les deux phrases par des applaudissements d'actionnaires aveuglés par l'argent. Nous, les victimes, on est plutôt attirés par les victuailles. Chocolats chauds, sandwichs, gâteaux... Bayer soigne bien ses actionnaires", explique-t-elle.

Et puis vient le moment où ceux qui sont contre le directoire de Bayer peuvent prendre la parole. La salle s’est déjà bien vidée. "Même si les victimes sont de nationalité étrangère, elles doivent parler allemand, ou elle doivent avoir un traducteur sinon on leur coupe le micro", témoigne la jeune femme.

Elle sera encore plus étonnée au moment de prendre la parole. "C'est à moi de parler, avec ma traductrice. Je monte sur l'estrade, en prenant soin d'essuyer mes larmes. Je commence avec mon unique phrase, et je finis avec une autre, qui a été pour moi, aphasique, ne connaissant pas l'allemand, très difficile. Même si je fixe intensément Dekkers dès que la traductrice dit son nom, il s'en fiche totalement, il discute avec ses copains. ‘C'est un mur’, je pense". Et de poursuivre : "Dekker est obligé de répondre aux victimes. Il le fait de façon systématique avec les papiers fournis par ses avocats. Quand il arrive à moi, il se fiche carrément de ma figure".

Interrogé en janvier 2013 dans Matin Première, l’administrateur délégué de l’Agence du médicament et des produits de santé en Belgique, Xavier De Cuyper, relativisait. Dans le cas des pilules de troisième génération, "il n’y a rien de nouveau ", expliquait-il. Le risque d’embolie et de thrombose est connu depuis longtemps.

C’est aux médecins d’informer leurs patientes de ces risques…

J.C.

source/rtbf.be
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MessageSujet: aucun risques pour les labos et agences de médicament   Jeu 8 Mai - 5:42

En France la seule loi utilisable pour une victime d'un médicament afin de porter plaintes pour les dégâts causés est "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine"
Il est clair que la justice et les politiciens ne veulent pas entraver la bonne marche des labos et leurs gros bénéfices car comment obtenir gain de cause avec une loi pareille.
Existe il en france ou en europe l'équivalent de la loi RICO aux USA(loi anticorruption et antimafia)?
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MessageSujet: Re: pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe   Jeu 8 Mai - 6:57

Bayer, science for better li(f)e
pilules de 3e et 4e génération, 3 fois plus dangereuses que les autres et n'apportant pas plus de bénéfices.
le grand manitou de Bayer, le Dr Dekkers
,Dekker est obliger de répondre aux victimes.En allemagne,il le fait de façon systématique avec les papiers fournis par ses avocats
aux Etats-Unis, il a payé plus d'un milliard de dollars pour faire taire les victimes.
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MessageSujet: Re: pas de législation européenne,les labos font ce qu'ils veulent en europe   Aujourd'hui à 23:18

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