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 Effexor, mon ami, mon ennemi

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Mathildeee



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Date d'inscription : 06/12/2012

MessageSujet: Effexor, mon ami, mon ennemi   Dim 7 Avr - 0:41

2012-2013... je me souviendrai de ces années. Comment ? Je ne sais pas encore. Comme un passage douloureux c'est sûr, mais aussi un passage vers la vie, vers l'espoir.

J'ai 25 ans et j'ai été sous traitement de l'âge de 13 à 25 ans. J'ai connu les antidépresseurs, les benzodiazépines, les neuroleptiques, les thymo-régulateurs et j'en passe ! J'ai connu les hôpitaux psychiatriques, les institutions spécialisées et des multitudes de psychiatres, ... bref, beaucoup pour une jeune femme de tout juste 25 ans.

Depuis six mois je ne prends plus rien, avec l'accord des médecins et un sevrage soi-disant progressif... mais en fait beaucoup trop rapide.

Aujourd'hui ma situation est plus que mitigée. Je vis seule à Lille mais j'ai dû arrêter un travail que j'aimais, mettre un stop à beaucoup d'activités et de relations que je n'arrive plus à assumer.

Je suis extrêmement fatiguée et angoissée, mon humeur change beaucoup, et j'ai développé pas mal de troubles physiques ou psycho-somatiques.

La plupart des médecins et personnes de mon entourage ne comprennent pas ce que je vis. Pourquoi est-ce si difficile de se lever le matin, acheter du pain ou trier son courrier ?

On me dit :
- reprend le travail - fais une pause (mais pas d'arrêt maladie/pas de droits ni chômage ni RMI ou RSA - je vis avec quoi ?)
- ne prends plus de médicaments - reprends de l'effexor - reprends un autre AD - ne reprends rien

Et moi ? Je fais quoi ? J'écoute qui, je crois quoi ? Ma petite voix, ma propre conscience ? Oui l'Effexor, c'est vraiment de la M*** Oui l'effexor pendant cinq ans ça doit bien ressembler à de minis doses d’amphétamines ou de cocaïne. Résultat : j'arrête mais je suis épuisée, angoissée, déprimée. Mais pas au fond. Non, au fond du fond, je sens une vie et une stabilité, une capacité d'être, énorme, impressionnante même. Mais avant d'atteindre ce fond il y a toutes ces couches : la dépendance et le manque, les mensonges qu'on m'a dit ou tu pendant ces années. Comment se construire durant 12 ans, à un âge aussi crucial, avec autant de médicaments ? Comment découvrir le monde et découvrir qui on est ?

Je croyais que j'étais dépressive mais très speed, incapable de me poser et de m'intéresser aux autres. Je croyais que j'étais d'humeur changeante. Je croyais que les autres étaient méchants et dangereux, le monde menaçant.

Aujourd'hui je découvre que tout ça est faux.

Mais moi, je suis qui, je vais où ?

Je dois faire quoi ?

J'ai envie. Envie de reprendre ma vie : le travail et les amis, avec, en plus tout ce que je découvre de beau sur moi et sur les autres. Mais c'est impossible : trop fatiguée, trop angoissée.

Je dois attendre ?

Mais combien de temps ça va durer ? Certains symptômes s'accentuent tellement : cette fatigue, cette angoisse du contact des autres - forcément il a été faussé depuis si longtemps, ces troubles cardiaques, circulatoires et cutanés.

Certains disent : c'est faux, elle somatise, elle n'a pas envie de grandir. C'est faux. Je ne demanderai pas mieux.

Je ne sais pas où aller ni vers qui me tourner : ma famille me soutient mais ne veut pas m'accueillir, sans congé maladie je ne peux pas garder mon appartement, ...

Quelle décision prendre ? Faire un pas de foi ? Espérer contre toute espérance ?

Depuis cinq ans je suis devenue chrétienne et c'est ce qui m'a sauvée, permis d'avancer. Mais aujourd'hui je demande chaque jour un signe à Dieu : reprendre / attendre ? Je ne vois rien, je ne sens rien, je n'attends rien. Je sens comme si lui aussi été absent et ne savait pas non plus. S'en foutait même un peu. C'est tellement difficile d'avancer dans cette nuit et ce brouillard. Cette solitude. Se sentir si seule et se voir si méprisable : incapable de me gérer, me laver, me faire à manger correctement ...

Où es-tu Jésus ?

Un jour, demain, dans un an ou dans 10 ans, je serai debout. Et je dirais : je dirais le mal et la souffrance mais aussi la joie et l'espérance.

Un jour je pardonnerai aux psychiatres. Pour l'instant c'est trop tôt. Tant que je ne commence pas à être sortie d'affaire. Je ne veux pas leur pardonner. Je rêvais que mon psychiatre me demande pardon, en son nom et celui de ses confrères, je peux toujours attendre. Mais je sais qu'il sait. il voit la différence et la souffrance depuis l'arrêt mais il voit aussi la vie.

Comme disent certaines personnes à qui je parle de "soucis de santé" et qui me répondent : "mais moi je te sens/trouve mieux" "tu as l'air plus calme".

Oui la vie est différente, tout est très différent. Mais à qui, à quoi se raccrocher ? Qui, que faut-il croire ? POursuivre un espoir fou ou se montrer plus raisonnable ou plus patient, quelle décision prendre ?

Quelle décision prendre ?

Je souffre tellement de ce déni de la part des gens et des médecins "mais moi je te trouve bien" (oui et merci, mais pas que ...) "au bout de six mois c'est fini" "c'est que tu en as besoin" "tu t'écoutes trop".

Non. Non vous ne voyez pas tous mes efforts et mes dépassements, vous ne voyez pas tous mes combats et mes peurs, pour me lever, m'habiller, oser parler.

Vous ne voyez pas et vous ne saurai sans doute jamais, je ne vous le souhaite même pas.

Qu'il est dur de prendre sa part, de pardonner et d'avancer quand vous n'êtes pour rien ou presque dans ce qui vous arrive et qu'on vous renvoie la balle.

Qu'il est douloureux d'avancer et difficile de se positionner sans connaître le lendemain.

J'ai si peur mais tellement envie de vivre. Là, maintenant.

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