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 la drogue : Le terme scientifique pour une drogue est "un psychotrope".

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michel
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MessageSujet: la drogue : Le terme scientifique pour une drogue est "un psychotrope".   Dim 8 Juil - 15:25

Je sauvegarde ce texte :

La drogue

http://forum.doctissimo.fr/medicaments/dependance-medicaments/texte-aidera-beaucoup-sujet_138132_1.htm


Le présent texte est partiellement remplacé par un nouveau : http://www.4p8.com/eric.brasseur/toxicomane.html


[b]Le terme scientifique pour une drogue est "un psychotrope". L'effet d'un psychotrope est d'agir sur le fonctionnement du cerveau.

Le cerveau est capable de faire un grand nombre de choses : dormir, être excité, avoir du plaisir, avoir des angoisses, ressentir les choses que les cinq sens lui transmettent, avoir des souvenirs, penser à des choses, revoir des souvenirs, rêver, reconnaître des formes et des structures...

Le rôle d'un psychotrope est de déclencher ces choses artificiellement. Ou de les empêcher.


Le cerveau est capable de dormir. Et bien il existe une famille de psychotropes, que l'on appelle les somnifères, dont l'effet est de mettre le cerveau en état de sommeil. En général, on ne peut pas dormir "sur commande". Il faut attendre le soir... Mais si on prend un somnifère, une demi-heure après on est en train de dormir. L'effet du somnifère peut être tellement fort qu'on est impossible à réveiller. S'il est administré en piqûre intraveineuse ou en inhalation, le somnifère peut agir en quelques secondes.

Les anxiolytiques sont des psychotropes qui empêchent le mécanisme de l'angoisse dans le cerveau. Les psychiatres les prescrivent à des personnes qui ont de fortes angoisses.

Les antidouleurs sont des psychotropes qui empêchent le cerveau de ressentir de la douleur. Ils bloquent le mécanisme de la douleur. Les antidouleurs les plus utilisés, en vente libre, sont l'acide acétylsalicylique (aspirine) et le paracétamol (molécule proche de l'acide acétylsalicylique). Ils sont utilisés pour des maux de tête, des douleurs musculaires... (A faible dose l'aspirine peut avoir un effet curatif, parce qu'elle a également la propriété de favoriser la circulation du sang.) (Attention : même s'ils sont en vente libre et donc supposés sans danger, une surconsommation de ces deux produits peut entraîner des lésions internes graves voir la mort.) Les opiacés quant à eux sont toute une gamme d'antidouleurs : par exemple la codéine (antidouleur en vente libre dans certains pays), la morphine (antidouleur puissant couramment utilisé en milieu hospitalier) et l'héroïne (en principe interdit mais qui a été utilisé en milieu hospitalier pour des cas extrêmes). L'usage de l'héroïne s'est avéré problématique. Il semble que la meilleure solution pour les situations graves est la morphine, diffusée en continu dans le sang du patient, au débit le plus faible possible. Les opiacés peuvent réduire des douleurs physiques même graves (par exemple les douleurs causées par un cancer ou des brûlures), qu'aucun autre antidouleur n'arrive à calmer. Ils réduisent aussi les douleurs mentales : remords, tracas, angoisses, culpabilité... Ce second effet contribue à les rendre dangereux. De nouveaux antidouleurs seraient en développement, plus puissants que la morphine et qui n'ont pas d'effet sur le mental. Il existe également des antidouleurs artificiels dont les molécules sont chimiquement apparentées aux opiacés.

Les hallucinogènes sont des psychotropes très intéressants. Ils modifient ce que le cerveau voit, entend, sent, sa perception de la taille des choses, du temps... Par exemple : notre cerveau dispose d'un ensemble de neurones dont la fonction est de se rendre compte et de gérer le fait qu'un objet s'allonge. Si, en temps normal, on regarde un objet inanimé comme une brique, ces neurones ne seront pas stimulés. La conscience percevra que cette brique ne s'allonge pas. Par contre si on regarde un élastique sur lequel quelqu'un tire, ces neurones seront stimulés. Ils transmettront le message "L'objet est en train de s'allonger !" La conscience percevra donc que l'élastique est en train de s'allonger. Mais si on prend du LSD, ces neurones vont être mis en fonctionnement intempestivement. Ils fonctionneront, même si on est en train de regarder la brique. On aura donc l'impression que la brique est en train de s'allonger ! Tout le système de perception va être "détraqué", que ce soit pour la perception visuelle, auditive, le temps, le fait de se rendre compte qu'il y a des choses derrière ce que nous observons, la remontée de souvenirs... Un bon hallucinogène fait même voir et vivre des choses "sur base de rien", simplement parce que le cerveau est techniquement capable de se rendre compte que ces choses arrivent. On peut avoir l'impression de voler, de tomber, de nager... Si tous les centres de perception sont détraqués en même temps, on peut par exemple avoir l'impression de nager dans de l'air qui est en train de s'étirer. Il peut aussi y avoir une confusion entre les sens : on peut entendre des couleurs et voir des sons. Comme les hallucinogènes peuvent faire découvrir des choses à une personne, sur la façon dont son cerveau travaille et sur la façon dont elle peut percevoir le Monde, ils sont un outil initiatique intéressant. Beaucoup de tribus et de groupes les utilisent à cette fin. Ils font prendre une dose d'hallucinogène aux jeunes, lors des rites d'initiation. Certains artistes considèrent que l'expérience qu'ils ont vécue en prenant une fois un hallucinogène leur a appris beaucoup de choses. Ils peuvent permettre à des personnes qui ont un niveau spirituel encore faible de vivre certaines expériences avec plus de profondeur et d'intensité. Les hallucinogènes peuvent aussi être très dangereux : un automobiliste qui a l'impression que la voiture devant lui freine brusquement, une personne en haut d'une falaise qui a l'impression qu'elle peut voler, une personne terrorisée par les monstres qu'elle voit sortir du sol... tous risquent des accidents graves. Ils ne faut prendre un hallucinogène que sous la protection rapprochée de personnes fiables et initiées (même si on est fiable et initié soi-même) (les personnes qui ne suivent pas cette règle ne sont donc ni fiables ni initiées).

Un champignon de la famille des amanites contient un psychotrope qui met le cerveau en situation de combat. En cas de menace grave le cerveau peut se mettre dans un mode accéléré : les réflexes seront beaucoup plus rapides, la conscience se focalisera sur toutes les menaces qui entourent la personne. On voit le monde autour de soi bouger très lentement, on devient beaucoup plus rapide. Les soldats de métier connaissent bien cet état. Ils savent s'y préparer avant chaque bataille. Ce psychotrope extrait du champignon semble à priori très intéressant. Les gaulois l'ont utilisé. L'armée américaine a fait des recherches pour essayer de l'utiliser pour déclencher le mode de combat chez les soldats. Mais ils ont abandonné l'idée. Ils ont fait quelques essais, dont la conclusion a été la suivante : ce n'est pas une bonne idée d'en donner aux soldats inexpérimentés, parce qu'ils risquent de se mettre à faire n'importe quoi. Ils ne sont pas à la hauteur. Quant aux professionnels, ils n'en ont pas besoin. Ils trouvent même que ce produit les dérange, que cela diminue leurs performances.

La caféine, les amphétamines, la cocaïne... sont des psychotropes qui stimulent l'activité du cerveau. Ils rendent actif, font en sorte que l'on perçoit mieux ce qui se passe.

(L'héroïne et la cocaïne sont des psychotropes qui de prime abord ont une action opposée : l'héroïne calme alors que la cocaïne excite. Mais ils ont en commun une caractéristique essentielle : ils agissent sur les centres de l'approbation. Ils engendrent des sensations de plaisir et un sentiment de bien-être. Du fait de leur importance de cette caractéristique, un chapitre entier leur est consacré plus loin dans ce texte.)

Les neuroleptiques font tout simplement cesser l'activité du cerveau. Une personne qui a pris une forte dose de neuroleptique ne peut plus poser aucun acte, ne peut plus réfléchir, ne sait plus qui elle est.

La kétamine fait cesser l'activité des neurones qui amènent aux cerveau les informations de l'extérieur. On ne voit plus rien, on n'entend plus rien, on ne sent plus rien, mais on reste éveillé. Alors le cerveau se met à générer lui-même des images, des sons, des sensations. On peut "voir" n'importe quoi : des personnes qu'on a connues, des paysages, Dieu...


En général, l'effet d'un psychotrope finit toujours par cesser, ou diminuer. Cela peut prendre quelques minutes ou quelques heures. Il y a à cela plusieurs raisons, très différentes :
Certains produits sont détruits au moment où ils produisent leur effet. Donc quand toutes les molécules du produit ont fait leur travail, il n'en reste plus dans l'organisme. Il n'y a plus d'effet.
Certains produits sont évacués par l'urine, la respiration ou la transpiration. C'est le travail des reins, des poumons ou de la peau. Quand tout le produit a été évacué... il n'y a plus d'effet.
Le foie et d'autres organes vont travailler à éliminer le produit. Les molécules du produit vont être cassées en morceaux. Ces morceaux ne produisent pas d'effet et sont éliminés, ou utilisés pour les fonctions normales de l'organisme.
Le cerveau va compenser l'effet du produit. Le produit est toujours là, mais le cerveau réussit à contrebalancer ses effets. On ne ressent donc plus rien.
Certains produits mettent très longtemps à être éliminés. Leur effet peut durer des années ! En restant bloquées dans le cerveau, les molécules d'opiacés causent l'effet inverse de leur effet initial : le consommateur ressentira des douleurs physiques et morales. Un traitement médical peut permettre de forcer le cerveau à éliminer les molécules d'opiacé "bloquées" dans le cerveau.

Parfois l'effet ne cessera jamais, tout simplement parce que le produit a détruit des choses dans le cerveau. C'est par exemple le cas des molécules d'héroïne artificielle produite par des étudiants en chimie : les destructions qu'elles ont occasionnées dans le cerveau leur ont donné une maladie de parkinson dont ils ne pourront pas guérir.

Beaucoup de psychotropes déforment la personnalité si on les prend régulièrement pendant de longues périodes. Probablement surtout si les effets continuent pendant qu'on est en train de dormir. Le cerveau a sa perception du monde faussée par les effets du produit. Il va donc "s'adapter", se changer au fil du temps, dans un sens qui répond aux perceptions que lui donnent les effets du psychotropes. A cause de cela certaines personnes deviennent asociales, paranoïaques, prostrées... S'ils arrêtent de prendre du produit il leur faudra plusieurs années pour que le cerveau se "recâble" d'une façon plus naturelle. Un cas très intéressant est celui de beaucoup d'héroïnomanes. Ce sont des mythomanes achevés. Au fil du temps ils se persuadent de ce qu'ils veulent croire à un point extrême. Ils sont réellement convaincus de ce qu'ils vous disent. L'héroïne a permis une modification à la racine de leurs souvenirs. L'héroïne n'attaque pas directement les neurones qui gardent les souvenirs. Mais l'héroïnomane vit dans les rêves délirants que lui procure l'héroïne et son cerveau finit par enregistrer ces rêves comme étant la réalité. Le jugement des centres du souvenir est faussé par l'héroïne.

Un cas pernicieux est par exemple celui du LSD, qui peut se stocker dans les graisses de l'organisme. Un jour, sans qu'on s'y attende, les cellules de graisse libèrent le LSD qu'elles avaient stocké... C'est une loterie : cela peut arriver ou ne pas arriver. C'est pour cette raison que l'administration américaine part du principe qu'un homme qui a consommé plusieurs fois du LSD doit être considérée comme fou. A tout moment du LSD peut se libérer dans son organisme et lui faire faire n'importe quoi. Toute personne se destinant à une carrière importante doit éviter le LSD, parce qu'il est parfois possible de détecter la prise de LSD plusieurs années après. (Ceci est également vrai pour l'héroïne.)


Un détail technique, qui a son importance : des psychotropes qui ont les mêmes effets peuvent en réalité agir sur des parties totalement différentes du cerveau.

Certains antidouleurs vont bloquer les signaux de douleurs avant qu'ils n'atteignent le cerveau. D'autres ne vont pas bloquer la douleur, mais vont empêcher le cerveau de s'en rendre compte...

Les benzodiazépines sont des somnifères qui agissent d'une façon tout à fait différente des opiacés. Ils ont été largement adoptés parce qu'ils n'avaient pas les effets secondaires des opiacés.


La plupart des produits cumulent plusieurs effets psychotropes différents :

La morphine est un antidouleur, un anxiolytique, un somnifère et un stimulant des centres du plaisir.

Les THC, contenus dans le cannabis, sont hallucinogènes et anxiolytiques.

La cocaïne est un puissant insensibilisant et un vasoconstricteur quand elle touche une partie du corps. Mais elle est un stimulant, un anxiolytique et un stimulant des centres du bien-être quand elle touche le cerveau.

La raison pour laquelle un produit semble avoir plusieurs effets n'est pas toujours directement liée à ses effets directs sur le cerveau. Par exemple une personne qui a pris un peu d'alcool ou de morphine peut devenir très active. Ces deux produits ne sont pourtant pas des stimulants. L'explication est sans doute que cette personne a des blocages, elle est angoissée. Quand elle est libérée de ses blocages par le produit, désinhibée, elle se découvre la possibilité de faire des tas de choses. Elle est libérée de ses contraintes


Certains psychotropes ont des effets secondaires comme le manque. Après l'effet du produit, le cerveau va ressentir l'effet contraire. C'est le contrecoup. Par exemple, un peu après que l'effet de certains anxiolytiques se soit estompé, la personne va ressentir de fortes angoisses. C'est pour cette raison que l'on donne instruction aux personnes qui prennent ces produits de les prendre en continu et d'arrêter graduellement. L'héroïne procure un plaisir et un bien-être intense. Quand l'effet cesse, l'héroïnomane ressent de très fortes douleurs et vit des angoisses abominables. Cet enfer peut être tellement horrible que certains en meurent. Pour éviter de vivre cela l'héroïnomane est obligé d'en reprendre dès que les effets de la prise précédente commencent à s'estomper. S'il ne prend pas de nouvelle dose, il lui faudra plusieurs jours pour revenir à un état normal. Pendant tout ce temps il souffrira énormément. C'est ce qu'on appelle "le manque physique". Beaucoup de toxicomanes endurcis ne ressentent plus aucun plaisir quand ils prennent de la drogue, ils la consomment uniquement pour éviter le manque, pour ne pas crever de douleur et d'angoisse.

(Le manque physique de l'héroïne apparaît dès la première dose et s'estompe en quelques jours. Avec l'alcool, c'est exactement l'inverse : il faut plusieurs mois de consommation d'alcool pour que le manque physique apparaisse, mais alors on le garde à vie.)

Le café et la cocaïne stimulent l'activité du cerveau. Ils le poussent à fond, lui font utiliser toutes ses réserves de molécules neurotransmetteurs. Après un certain temps, ou quand l'effet du produit cesse, le cerveau ne dispose plus de neurotransmetteurs. Alors l'activité cérébrale de la personne s'effondre, comme si elle avait pris un neuroleptique. Beaucoup d'étudiants en ont fait les frais : ils boivent un paquet de café sur la nuit afin de finir d'étudier un gros examen. Ils connaissent bien leur matière. Mais ils arrivent devant le professeur au moment où l'effet du café cesse. Ils sont comme hébétés, ne savent pas quoi répondre aux questions du professeur. Ce n'est que quelques heures plus tard, quand le cerveau a reconstitué ses réserves de neurotransmetteur et reprend son activité normale, que l'étudiant se met à pouvoir répondre de façon limpide et précise aux questions qui lui avaient été posées... mais c'est trop tard. Ce phénomène explique aussi pourquoi les consommateurs de cocaïne passent pour être de grands paranos : quand l'effet s'estompe, le bien-être fait place à son contraire : des angoisses, des peurs, un sentiment d'insécurité, un délire de persécution. En même temps, le cerveau est dans un état de non-fonctionnement, incapable de mettre une idée devant l'autre, de se raisonner. La réaction normale d'un humain quand il se sent menacé et qu'il n'arrive pas à gérer la situation, c'est la colère. Il se fâche, il explose, il attaque.


L'accoutumance est le fait que le cerveau devient moins sensible au produit. Il s'habitue. Il faut lui administrer des doses plus fortes pour obtenir le même effet. Il y a à cela plusieurs raisons possibles :
Le cerveau ou d'autres organes mettent en place des défenses pour atténuer ou même empêcher complètement les effets du produit. Ou pour l'éliminer plus rapidement de l'organisme.
Le produit détruit ou insensibilise les zones du cerveau sur lesquelles il agit. Il s'empêche ainsi lui-même d'avoir de l'effet.
Le produit agit sur certains récepteurs chimiques des neurones. Le produit sature ces récepteurs, il les occupe. Les neurones ont donc l'impression de manquer de récepteurs. Ils se mettent à en fabriquer de nouveaux. Ainsi la surface des neurones se couvre d'un plus grand nombre de récepteurs. Donc, pour stimuler tous ces récepteurs, il faudra une plus grande quantité de produit. (Réciproquement cela a un effet sur l'intensité du manque : quand ces nombreux récepteurs se trouvent privés de leur stimulant, l'effet du manque sera d'autant plus fort qu'il y avait un grand nombre de récepteurs. Ce développement anarchique de récepteurs est un grave problème pour le drogué. S'il arrête la consommation de son psychotrope pendant un temps suffisant, une partie de ces récepteurs se mettront en sommeil. Le drogué pourra donc reprendre une vie plus normale. Mais ces récepteurs sont toujours là. Si le drogué reprend du produit, la première prise peut avoir un effet assez fort. Mais les récepteurs vont se réveiller bien vite. Le drogué reviendra donc très rapidement dans sa situation de toxicomanie, avec une forte accoutumance et un manque important. Tous ses récepteurs, rapidement rouverts, crient famine. Cette trop grande quantité de récepteurs est un handicap définitif pour le drogué, acquis. Quoiqu'il semblerait qu'après plusieurs années ils puissent se résorber et disparaître.)

Les conséquences de la prise inconsidérée de psychotropes sont nombreuses et très variées :
Des personnes en bonne santé font une crise cardiaque parce qu'elles font des efforts en ayant pris de la cocaïne. Ce pour plusieurs raisons, qui se cumulent :
Comme elles se sentent très bien, elles ne ressentent pas la fatigue qui leur signale qu'il est temps d'arrêter.
La cocaïne est un excitant. Elle pousse à se dépenser, à courir plus vite et plus loin. Donc à faire travailler le coeur plus fort.
La cocaïne est un vasoconstricteur. Elle fait se resserrer les vaisseaux sanguins. Le coeur doit donc pomper plus fort pour faire circuler le sang.
La cocaïne masque la soif. La personne peut donc travailler ou faire du sport longtemps sans se rendre compte qu'elle devrait boire. La déshydratation rend le sang plus épais, plus difficile à faire circuler. Le coeur doit pour cela aussi pomper plus fort pour compenser.
L'alcool est à l'origine d'un très grand nombre d'accidents de la route. Beaucoup de psychotropes peuvent entraîner des accidents ménagers. Même la cigarette, mais pas à cause de ses effets : si on n'est pas très prudent elle peut causer des incendies.
Les consommateurs d'extasy se retrouvent au bout de quelques temps avec des reins détruits et une colonne vertébrale fragilisée.
Des personnes sont brûlées au troisième degré parce qu'elles ont pris de la morphine ou de l'héroïne. Ce sont de puissants antidouleurs qui peuvent même empêcher de sentir qu'un flamme vous lèche le corps.
Quelqu'un qui se nourrit bien et qui consomme des quantités raisonnable d'héroïne de bonne qualité n'aura aucun dégât physique, même après quelques années. Les graves problèmes liés à la consommation d'héroïne sont des effets pervers. A cause du produit certaines personnes se négligent : elles mangent mal, ne vont pas chez le dentiste... au bout d'un an ou deux elles sont maigres, leur peau est comme du parchemin, elles ont déjà perdu quelques dents. Certains dealers coupent leur héroïne avec des produits comme de la strychnine ou de la mort-au-rat. Les effets de l'héroïne sur le mental de gros consommateurs est dévastateur : ils deviennent des prédateurs à la recherche de leur dose, totalement coupés des autres êtres humains.
L'héroïne, la cocaïne et le LSD peuvent être pris par piqûre. En se prêtant leurs seringues entre eux, beaucoup de toxicomanes ont attrapé des maladies graves comme le SIDA et l'hépatite B. Certains groupes de toxicomanes considèrent carrément que se passer la même seringue de l'un à l'autre fait partie du rite. Cela augmente leur plaisir en créant un sentiment d'identité de groupe. Dans le cas de l'héroïne, comme l'accro est virulent, un toxicomane peut utiliser une seringue même s'il sait qu'elle a été utilisée par une personne contaminée.
Le LSD, la cocaïne et l'alcool, surtout à fortes doses, causent la destruction de cellules du cerveau. Quand on découpe le cerveau d'une personne morte d'une cirrhose du foie due à l'alcool, on découvre que de grandes parties de son cerveau sont devenues des plaques de matière inerte. Dans le cas de fortes doses de LSD les lésions sont moins évidentes à observer physiquement. Mais les personnes qui ont fait cela disent "avoir perdu quelque chose".
Le crack est une drogue très destructrice. Comme elle se prend par inhalation on a cru un moment qu'au moins elle n'augmenterait pas la propagation du SIDA. On a déchanté : les personnes sous l'effet du crack ont un comportement sexuel démentiel. Ils "sautent sur tout ce qui bouge", sans prendre la moindre précaution.
Le tabac est la source de psychotrope qui a les conséquences les plus nombreuses sur la population. 5% des personnes ont une insuffisance respiratoire pénible à cause du tabac. Les maladies graves liées à la consommation de tabac sont nombreuses : cancer, gangrène des jambes, emphysème... Les conséquences sont importantes aussi pour les personnes qui ne fument pas mais vivent avec des fumeurs. Ils auront les même problèmes que les fumeurs.

La dopamine

Pour appréhender le mécanisme des drogues dures il est essentiel de comprendre le mécanisme de la dopamine. C'est une des nombreuses molécules produites et utilisées par le cerveau.

Dans la vie normale d'un animal, la dopamine est sécrétée lorsqu'il fait quelque chose de "bien".

A quoi cela sert-il ? Prenons un exemple : l'animal mange une plante qu'il n'a encore jamais rencontrée.

Cette plante est riche en vitamines. Il serait donc bon que l'animal mange d'avantage de cette plante.

Le cerveau, sensible aux effets bénéfiques de la richesse en vitamines, va faire se déclencher une petite production de dopamine. Cette production de dopamine se caractérise par une sensation de plaisir. Elle aura pour effet technique que l'animal va enregistrer dans sa mémoire que cette plante est une bonne chose.

A l'avenir, la seule vue ou l'odeur de cette plante déclenchera déjà une petite production de dopamine dans le cerveau. Cela pousse l'animal à en manger.

Le réflexe de production de dopamine s'entretient et se renforce à chaque fois que l'animal mange et remange de cette plante.

Quand l'animal manque de vitamines, son cerveau fera en sorte que le souvenir de la plante lui vienne à l'esprit, avec une forte envie d'en manger.

L'endroit où se trouve la plante, le contexte, est très important. Si l'animal passe par hasard à cet endroit, son cerveau se rendra compte que c'est le périmètre où pousse la plante. Il libérera automatiquement une petite dose de dopamine, associée au souvenir de la plante. L'animal se mettra aussitôt à la recherche de la plante. C'est logique : comme elle est dans les parages, autant en profiter...

Si la plante est vraiment bonne, mais difficile à trouver, la production de dopamine peut devenir très forte : pour encourager l'animal à fournir les efforts nécessaire pour trouver cette plante.

La dopamine est "la molécule de l'approbation". Quand il y a production de dopamine, c'est comme si le cerveau mettait un cachet "Testé et Approuvé".

L'héroïne, la cocaïne, l'alcool, la nicotine et le cannabis ont la particularité de causer de façon directe la production de dopamine. La prise de ces produits engendre donc des sensations de plaisir, de bien-être ou d'assurance.

Ces produits court-circuitent tout le mécanisme d'apprentissage et de gestion de la vie. Plus besoin de faire des choses qui sont bonnes pour ressentir du plaisir : il suffit d'absorber un de ces produits. Ils "attaquent" les centres du plaisir et déclenchent directement la production de dopamine. Le cerveau recevra des doses de dopamines, sans qu'il n'y ait aucune bonne raison à cela.

Comme ils touchent au mécanisme de l'apprentissage ils engendrent le phénomène de l'accro psychologique. La personne "apprend" qu'il faut à tout prix qu'elle prenne de ce produit. Pour bien comprendre le phénomène de l'accro psychologique voici une longue analogie :

Supposons que votre corps est une entreprise. A la tête de cette entreprise, il y a le service de direction : votre cerveau. La personne à la tête du service de direction, c'est le directeur. Le directeur n'est pas très malin. Il se prend très au sérieux. Il donne des ordres que les employés suivent à la lettre. Mais il ne comprend pas très bien comment fonctionne l'entreprise. Pour prendre ses décisions, le directeur se base sur une seule chose : les bénéfices. Toute la journée le comptable lui envoie des notes avec l'état des bénéfices. Le directeur regarde attentivement ces chiffres et essaye de les coréler avec ce qui s'est passé pendant la journée. Supposons par exemple qu'un jour il y ait eu beaucoup de bénéfices. Le directeur est très content. Il se demande "Mmmmm, à quoi pourrait bien être dû le fait que nous avons fait tant de bénéfices aujourd'hui ? Oui oui : l'élément inhabituel, c'est que nous avons engagé l'intérimaire Jean Dupont. Aha ! Il y cinq jours nous avions aussi fait de très bons bénéfices, et justement ce jour là aussi Jean Dupont est venu travailler chez nous. Et bien c'est clair : dorénavant je ferai venir Jean Dupont le plus souvent possible." Le directeur passe son temps à essayer de deviner ce qui a fait augmenter ou baisser le chiffre d'affaire et il agit en fonction. Si à chaque visite de l'intérimaire Alfred Ducroc le chiffre d'affaire baisse, le directeur donnera l'ordre d'essayer de l'éviter. Si le directeur remarque que si on fait venir l'intérimaire Jean Dupont sans arrêt cela fait baisser le chiffre, alors il donnera l'ordre de ne tout de même pas le faire venir trop souvent (c'est le phénomène de l'écoeurement). Un jour arrive un intérimaire très spécial : l'intérimaire héroïne. Il ne fait rien du tout pour l'entreprise, il ne fournit aucun travail. Mais il fait une chose bien précise : lorsque le comptable envoie la note des bénéfices au directeur, il l'intercepte et il la transforme : il augmente le chiffre des bénéfices. Il ajoute carrément un zéro ! Quand le directeur reçoit cette note, il est transporté de joie. Il comprend tout de suite que cet intérimaire est quelqu'un d'excessivement précieux. Mais comme l'intérimaire héroïne n'a en réalité fait aucun travail, les bénéfices de l'entreprise ne sont pas très bons. Donc la note suivante du comptable sera mauvaise. Alors le directeur, très inquiet, donne l'ordre qu'il faut absolument trouver l'intérimaire héroïne et lui demander de travailler. Aussitôt qu'il vient, bingo, le directeur reçoit une note du comptable avec un chiffre mirobolant ! Le directeur ne peut bientôt plus se passer de l'intérimaire héroïne. Sans lui, le chiffre des bénéfices s'écroule... Pire : le comptable, sans le faire exprès, va essayer de compenser les notes mirobolantes. Il va envoyer des notes au directeur avec des chiffres négatifs. Des chiffres aussi énormes que les chiffres de l'intérimaire héroïne, mais en négatif. L'horreur ! Cela plonge le directeur dans le plus profond désespoir. Il est envahi d'une immense douleur, il se torture à essayer de comprendre s'il a fait de mauvais choix. Il donne l'ordre à tout le personnel de l'entreprise de cesser toute activité et de se consacrer à la recherche de l'intérimaire héroïne. Lui seul peut sauver la situation ! La simple annonce du fait qu'on l'a trouvé et qu'il est en train de s'installer à son poste de travail remplira le directeur d'excitation. L'intérimaire héroïne est très vicieux : au bout de quelques temps il ne se fatigue même plus à remplir des chiffres mirobolants sur les notes de bénéfice. Il se contente de gommer les gros chiffres négatifs que le comptable met et de mettre un zéro ou de petits chiffres positifs à la place.

En quelques mois l'entreprise fera faillite.

Qu'est-ce qu'il faut faire pour éviter que pareille chose n'arrive ?

La première solution qui vient à l'esprit est bien sûr d'éviter que l'intérimaire héroïne ne puisse entrer dans l'entreprise. Mais ce n'est pas toujours réalisable. De plus, cela peut engendrer un phénomène pernicieux : si le directeur a déjà eu recours aux "services" de l'intérimaire héroïne, il est prêt à beaucoup d'efforts pour l'engager à nouveau. S'il est difficile à trouver, le directeur deviendra très inquiet. Lorsqu'enfin on l'aura trouvé et qu'il aura fait parvenir une note de bénéfice bien grassouillette, Le directeur se sentira tout particulièrement heureux, très soulagé. Plus l'intérimaire héroïne est difficile à trouver, plus le directeur aura besoin de lui et mettra toutes les ressources de l'entreprise à profit pour partir à sa recherche. Rendre l'intérimaire héroïne difficile à obtenir est une mauvaise stratégie.

Certains diront qu'il faut punir le directeur quand il recourt à l'intérimaire héroïne : le critiquer ou le mettre en prison. C'est également une très mauvaise méthode : elle augmente d'autant le besoin du directeur de recourir à ses services.

La bonne solution est sans doute plutôt de mieux éduquer le directeur, faire en sorte qu'il soit plus intelligent et plus sûr de lui :
Il faut réussir à lui faire comprendre ce que fait réellement l'intérimaire héroïne.
Il faut lui apprendre à voir sur le long terme. Il faut qu'il réalise qu'une note de bénéfice énorme, suivie d'une note catastrophique, ce n'est pas intéressant.
Il faut lui dire et lui prouver qu'il ne doit pas craindre les moments où les affaires vont moins bien. Il faut lui montrer qu'il fait partie d'un grand groupe industriel et qu'il sera toujours aidé en cas de problème.
Il faut lui donner un conseil d'administration constitué de personnes sages et cultivées.
Il faut lui montrer que les activités normales de son entreprise, sans l'intérimaire maudit, sont nécessaires aux autres entreprises.
Il faut qu'il se rende compte que tout le personnel de son entreprise est important, ainsi que les nombreux fournisseurs, les talentueux intérimaires... tous travaillent à ce que son entreprise fasse de beaux bénéfices, sans tricher.
L'accro est un mécanisme pervers :
Parfois, dans un premier temps, le fait que le directeur croie qu'il fait des bénéfices mirobolants peut vraiment avoir des effets positifs pour lui. Cela peut lui donner l'envie d'investir dans de nouveaux secteurs d'activité. Cela fait aussi que s'il rencontre des clients, ou son banquier, il se montrera très sûr de lui. Il inspirera confiance. Ses clients n'hésiteront pas à acheter ses produits. Son banquier lui accordera des prêts sans hésiter. Par la suite ils devront déchanter...
Les personnes qui ne connaissent pas l'enfer de la drogue se croient permis de dire "Huh, se sortir de la drogue, c'est une affaire de volonté !". C'est totalement faux : Ce sont précisément les "directeurs" qui ont beaucoup de volonté qui ordonneront la recherche de l'intérimaire héroïne avec le plus de fermeté. Pour preuve : le fait qu'un certain nombre de sportifs de haut niveau deviennent accro à l'héroïne. Ce ne sont certainement pas des personnes que l'on peut accuser de manquer de volonté. De plus, deux personnes différentes n'auront pas le même risque de devenir accro. Leurs cerveaux n'ont pas la même sensibilité. Certaines personnes n'ont aucun mérite à ne pas être accro, tout simplement parce que leur cerveau y est réfractaire.
Il suffit que le directeur voie l'intérimaire héroïne pour qu'il soit très excité. Il courra vers lui pour lui demander de venir travailler. Un toxicomane "craque" à la seule vue d'un sachet de poudre ou d'une seringue : avant même l'absorption du produit il est submergé d'une dose de dopamine qui le pousse à en prendre envers et contre tout. Il devient chaud et fébrile, épris d'envie de la dose. Certains dealers savent jouer là-dessus pour relancer des clients qui essayent d'arrêter. Rien que le décors dans lequel un héroïnomane vit lui rappelle la drogue et peut lui donner des envies très vives. C'est pour cela que quand un héroïnomane veut arrêter il est important qu'il quitte complètement son mode de vie. Il faut qu'il aille vivre ailleurs, d'une façon différente. Les GI de retour de Vietnam n'ont pas continué à consommer de l'héroïne simplement parce qu'en rentrant chez eux ils ont changé de pays et de mode de vie. Un de mes amis, héroïnomane lourd, ne consomme pas un milligramme quand il part en voyage, sans la moindre crise de manque. Un autre exemple du fait que les circonstances de la prise comptent est que les personnes qui ont pris de la morphine dans un hôpital pour lutter contre la douleur n'ont pas d'accro. Elles ne deviennent pas dépendantes, alors qu'elles ont pris des doses parfois très importantes et pendant des périodes prolongées.
La peur de manquer du psychotrope est la cause de vives angoisses. Elle pousse le toxicomane à consommer d'avantage. Un de mes amis recevait sa dose quotidienne sans faire le moindre effort. Elle lui était offerte et préparée par sa petite amie prostituée. Un jour il s'est rendu compte qu'essentiellement l'héroïne l'ennuyait. Il a arrêté du jour au lendemain, comme un vêtement puant que l'on jette à la poubelle. La consommation de cocaïne d'une amie a baissée de moitié le jour où elle a eu l'adresse d'un grossiste sûr, qui l'avait à la bonne et qui lui faisait moitié prix. (Ces deux cas sont des personnes qui ont déjà un peu d'éducation et qui ont un certain parcours toxicomane derrière eux. Je ne suis pas sûr que la disponibilité facile de psychotropes pour tout le monde serait une solution. Beaucoup de personnes paumées, irresponsables et en trop bonne santé risqueraient fort d'en consommer des quantités démentes et sombrer en un temps très court vers un stade avancé de destruction de leur organisme et de leur système nerveux.) La disponibilité est une méthode intéressante, mais qui doit être pratiquée sous contrôle médical. Réciproquement, la politique de torture par sevrage des toxicomanes, que pratiquent certains pays, doit a tout prix être arrêtée. Tout au moins, un toxicomane ne doit pouvoir être "torturé" que pour les délits normaux : vol, violence, arnaque... mais pas pour le fait de consommer. Enfermer un toxicomane pour l'empêcher de se procurer son produit, c'est s'assurer de sa rechute et de sa criminalisation. Et quand on sait avec quelle facilité la drogue circule en prison... Le sevrage forcé ne peut avoir des conséquences positives que quand il est librement consentit par le toxicomane, dans le cadre d'une thérapie structurée.
La drogue a pour effet de simplifier la vie de quelqu'un. Elle la rend peut-être plus dure, la vie d'un toxicomane peut être un enfer ; la chute d'un rat dans une fosse septique. Mais elle est plus simple. Beaucoup de personnes qui ont la chance d'avoir les bons réflexes ou les bonnes habitudes, ne se rendent pas compte de la difficulté que peuvent avoir d'autres personnes pour poser les actes de la vie de tous les jours. Il peut être bien plus supportable de se trouver dans une fosse sceptique aux murs bien définis, où les étrons sont comestibles, que dans une campagne paradisiaque où il faut chercher la nourriture, planifier les choses, où chaque zone d'ombre, chaque bosquet, cache l'inconnu. Un élément important d'une cure de désintoxication consiste donc à placer la personne dans un environnement facile : une jolie campagne sans zones d'ombre, sans difficultés d'approvisionnement. Ce n'est que quand la personne est désintoxiquée que l'on peut lui apprendre pas à pas à affronter une campagne plus riche. Elle ne sera véritablement désintoxiquée que quand elle aimera passionnément la vraie campagne.
Quoi qu'on fasse, si on le fait sous cocaïne ou sous héroïne, on le perçoit comme étant très bien, parce qu'on est inondé de dopamine. On peut faire des choses très moches le sourire aux lèvres.
L'accro causé par le mécanisme de la dopamine dure très longtemps. On l'appelle "le manque psychologique". Il faut plusieurs années pour qu'il s'estompe.

Ce qui compte pour sortir d'une toxicomanie, c'est le fait d'avoir de la culture, "de la religion", savoir qui on est. Beaucoup de toxicomanes qui n'avaient jamais arrêté, malgré de nombreuses cures de désintoxication, arrêtent tout d'un coup à l'âge de trente ou quarante ans, brutalement, sans aucune aide. Pourquoi ? Parce qu'ils sont devenus plus matures, plus sages plus adultes. Tout d'un coup, la consommation du produit leur semble être quelque chose d'idiot. Il faudrait toujours attendre d'être arrivé à cet âge là avant de toucher aux drogues dures...

Il est important pour un toxicomane de comprendre ce qui se passe dans son cerveau. Il faut qu'il comprenne pourquoi il est accro, par quel mécanisme il est poussé à consommer. Mais cela ne suffit pas en soi pour qu'il arrête. Notre volonté émane du subconscient. Elle nous dépasse. Quand le "directeur" ordonne qu'il faut aller chercher de la drogue, nous lui obéissons même si nous savons qu'il a tort. Il est un petit roquet complexé qui crie très très fort en silence. Parfois nous croyions le dominer, alors il nous manipule par la bande : il nous susurre des justifications, il tronque notre perception de la réalité. Il nous dit "Juste une dernière fois !" ou "C'est des vitamines...". Il le dit même au directeurs d'autres personnes, pour se justifier. Pour réussir à éduquer le "directeur", il faut du temps et du travail. Il faut méditer, se reposer, communiquer, comprendre, se comprendre, accepter...

Pour sortir de la toxicomanie, les religieux proposent la prière : s'adresser à Dieu. Cette approche est tout à fait fondée : Dieu est le symbole du savoir et de la volonté. Il est la représentation idéalisée, complète et "parfaite", de ce petit "directeur" qui se démène à l'intérieur de notre cerveau.

Faut-il aider un toxicomane ? Si on peut le faire, bien sûr. Mais à mon sens il ne faut pas se croire obligé. Si on n'a pas les compétences et les ressources nécessaires, il vaut mieux s'abstenir. Il est parfois très dur de vivre au contact d'un toxicomane. On peut y perdre beaucoup, inutilement. L'espoir de guérison est souvent très faible. Il n'y a aucune honte à prendre ses distances, c'est souvent même une obligation. L'important, c'est de ne pas le démolir. Un toxicomane a une personnalité fragilisée. Il ne pourra sortir de sa toxicomanie qu'en ayant retrouvé une certaine personnalité. Pour cela, il a besoin du soutient des autres, au moins moral.

Pendant la Première Guerre Mondiale, des soldats se sont jetés sur des obus explosifs qui tombaient dans leur tranchée, pour protéger leurs camarades. Notre volonté peut commander notre mort. C'est cette même volonté qui commande le sacrifice ultime qui commande une toxicomanie. Sauver ses camarades, c'est bien, prendre de la drogue, c'est mal. Mais en souvenir du premier, j'évite de trop ouvrir ma grande gueule quand je suis en présence du deuxième.

La volonté est essentielle pour sortir d'une toxicomanie, mais elle n'est pas suffisante. Voire elle peut jouer contre la victime. Une forte volonté peut devenir une forte volonté de prendre de la drogue. Une personne qui arrête abruptement et qui souffre le martyr peut développer une peur panique du manque qui au final la rend plus dépendante encore. C'est un peu comme les régimes d'amaigrissement draconiens : au final on prend du poids. Pour réussir, il faut aussi de l'amour : du coeur, de la sensibilité, de l'intelligence, de la compréhension et de l'altruisme...


Un toxicomane a une perception complètement déstructurée du monde. Il ne sait pas, ou ne sait plus, ce que sont les choses, ce qui sert à quoi. Il ne sait pas comment il doit faire les choses qu'il a à faire.

La déstructuration est encore beaucoup plus grave au niveau de sa perception de lui-même. Il n'a plus d'identité. Il ne sait plus qui il est ni ce qu'il sait faire, ni quels sont ses liens avec les autres. C'est la raison de sa souffrance.

On tombe dans la toxicomanie parce qu'on a un problème d'identité. L'effet du produit, la production de dopamine, donne au toxicomane l'impression qu'il sait qui il est. Elle lui en donne la certitude absolue. Ensuite, parce que cette certitude était fausse, c'était un mensonge, la toxicomanie aggrave le problème d'identité. C'est un cercle vicieux très puissant. En voici quelques indices :
Certains toxicomanes arrêtent quand ils tombent amoureux ou quand ils deviennent parent. Parce que cela leur donne une identité : "Je suis le conjoint de..." ou "Je suis le papa de...". (Inversement, beaucoup de toxicomanes ont été "initiés" par la personne qu'ils ont rencontrée. Rien n'est parfait.)
Un moyen très efficace pour aider un toxicomane à décrocher sont les massages. En touchant un toxicomane, on lui redonne une perception de son corps, de ce qu'il est, de l'espace qu'il occupe dans l'Univers.
Certains toxicomanes considèrent la drogue comme quelque chose qui vient vivre en eux. Ils ressentent les effets comme la manifestation de quelque chose qui leur est étranger. Ils ne se rendent pas compte du fait que le produit ne fait que stimuler des phénomènes qui son propre à leur cerveau, qui sont en eux depuis toujours. (Ils ne peuvent donc pas comprendre que ces choses pourraient être stimulées sans recourir à la drogue.) On peut par exemple entendre un cultivateur de cannabis qualifier ses plantes de "petits martiens" qui viennent lui rendre visite.
Beaucoup de toxicomanes ont commencé à consommer parce qu'ils voulaient entrer dans un certain cercle de personnes. Ils avaient besoin de ces personnes pour acquérir une identité.
Le fait de s'ennuyer pousse à consommer des psychotropes. S'ennuyer, c'est le fait de ne pas savoir ce qu'on a à faire, ne pas savoir pourquoi on est là, qui on est.
Un toxicomane a besoin de prendre des vitamines et des acides aminés pour reconstituer les réserves de produits dont son cerveau a besoin. On utilise ces vitamines et ces acides aminés à forte doses pendant les cures de désintoxication pour diminuer le phénomène du manque. Quand le cerveau fonctionne bien, grâce aux vitamines, il trouve beaucoup plus vite ses marques, il comprend mieux les choses. La personne arrive mieux à savoir qui elle est, elle a moins besoin du produit.

Une amie d'un ami rechute régulièrement dans l'héroïne. Cela se passe chaque fois de la même façon : elle va dîner chez ses parents (elle aime beaucoup son père), sa mère la démolit verbalement pendant tout le repas, elle rentre chez elle cassée, son "petit ami" vient la voir et lui propose de l'héroïne. Un jour elle téléphone à mon ami. Elle vient de commencer sa cure de méthadone. Elle pleure au téléphone, elle est très mal. Mon ami lui demande si elle a des vitamines chez elle. Elle lui répond qu'elle a un tube de comprimés multivitamines effervescents. Mon ami lui dit d'en prendre quatre d'un coup. Elle lui répond "Si ça ne marche pas, je te tue". Le lendemain mon ami lui téléphone. Elle est parfaitement détendue, heureuse de vivre, elle a même arrêté la méthadone.

Un médecin peut prescrire des compléments de vitamines et d'acides aminés fortement dosés. Dans les cas pas trop graves, le repas suivant peut contribuer à rétablir la chimie du cerveau : deux oeufs crus (pour les acides aminés et toutes les vitamines sauf la C), une cuillerée d'huile d'olive vierge ou d'huile de noix (pour les huiles essentielles, nécessaires au cerveau), une pomme (pour les fibres et les minéraux), un kiwi (pour la vitamine C), un yaourt (pour la qualité de la digestion, les vitamines et les protéines). Le calcium et le magnésium sont importants. On peut les trouver dans certains aliments, dans des eaux minérales ou en comprimés.

Tout aussi importante : l'élimination des toxines. Elles empoisonnent le cerveau, l'empêchent de fonctionner. Pour éliminer ou éviter les toxines, il existe beaucoup de méthodes : le sauna, le sport, un gros repas uniquement de pommes de terre cuites à l'eau, ne manger que des fruits pendant un jour, boire beaucoup d'eau (pas trop...), prendre des extraits de plantes qui favorisent l'élimination des toxines, éviter les sources de protéines ou de graisses...
Certaines personnes essayent des drogues uniquement pour aller à la découverte d'elles-mêmes, pour mieux se connaître. C'est la seule raison acceptable, à mon sens, de prendre des psychotropes. Ces personnes là font rarement plus de quelques expériences. Une fois qu'elles ont appris ce qu'elles voulaient savoir, elles passent à autre chose. Le devoir d'un être humain est d'apprendre à faire fonctionner son cerveau d'une façon adaptée à toutes les circonstances de la vie, sans utiliser de drogues ni d'endoctrinement. Une personne qui aime son métier n'a pas besoin d'un stimulant pour être hyper-active. Un véritable artiste imagine des choses bien plus riches sans hallucinogène qu'avec. Salvador Dali se basait sur ses rêves. (Pour mieux se souvenir de ses rêves il buvait du café avant d'aller dormir.)
Pour ceux qui en consomment tous les jours, les psychotropes sont un palliatif, une béquille. Parfois cette consommation en continu est justifiée par des raisons médicales. Mais la majorité des consommateurs sont des personnes qui n'ont pas appris à gérer la vie. Leur développement spirituel présente des carences importantes. Ils ne sont pas capable d'avoir une vie sentimentale harmonieuse et ne comprennent pas grand-chose à la sexualité. Ils souffrent de la vie et ont besoin de prendre régulièrement un peu de drogue pour colmater leurs blessures. (Il est évident qu'il faut absolument fournir le travail nécessaire pour qu'ils arrivent à un niveau d'éducation suffisant pour ne plus avoir besoin de consommer des psychotropes. Mais tant que ce travail n'a pas été fait, il vaut souvent mieux les laisser continuer à en utiliser. L'important est de veiller à ce qu'ils aient accès à des produits de bonne qualité.)
Beaucoup de toxicomanes nient totalement leur état. Ils refusent d'admettre qu'ils sont des consommateurs assidus de drogue. Ils ne veulent pas "se voir ainsi".
Deux toxicomanes utilisant le même produit peuvent avoir des modes de vie totalement différents et un rapport totalement différent au produit. Il n'est pas possible de classifier les toxicomanes uniquement sur base du produit qu'ils utilisent. Leur personnalité a un impact plus important sur leur mode de vie que le produit. Par exemple il y a des drogués lourds à l'héroïne, qui au terme d'un cauchemar horrible de plusieurs années finissent cul-de-jatte dans un fauteuil roulant, déchus de leurs droits civiques et rejetés par la société. Mais il y a aussi des héroïnomanes "light" qui sniffent leur petite ligne tous les jours, d'un geste vaguement distingué, et sont des personnes très fréquentables. Je connais des consommateurs de cannabis qui fument un gros joint de résine bien lourde après le travail pour s'assommer un bon coup. Ils appellent cela "se scotcher". J'en connais d'autres qui fument un petit joint léger de fleurs pour se mettre le coeur à l'ouvrage avant de commencer le travail. L'effet désinhibant de la cocaïne implique que la personne est libérée des contraintes que la société lui a imposées. Cela ne veut pas dire que la personne se mettra à faire n'importe quoi : si sa personnalité propre est une jeune fille fragile, avec une bonne dose de cocaïne dans le nez cette personne deviendra très prude et réservée, renfermée sur elle-même. Elle ne se sent plus obligée de communiquer et de se montrer disponible. Une autre personne, avec la même dose, deviendra joviale et enjouée, socialement surexcitée.
En général, un drogué "choisit" la drogue qui correspond à son mode de vie, à son mental. Les cadres consomment essentiellement de la cocaïne. Les jeunes paumés consomment plutôt de l'héroïne. Les artistes consomment du cannabis et des hallucinogènes. Ceci dit, les frontières entre les types de consommateurs sont devenues relativement floues. Beaucoup de gens se considèrent comme des cadres paumés un peu artistes...
Tout le monde trouve normal que l'on donne de la morphine ou de l'opium à une personne qui est en train de mourir. Mais on ne comprend pas qu'une personne jeune et en bonne santé consomme de l'héroïne. Cette personne jeune est pourtant très proche d'une personne qui va mourir. La mort, c'est ne plus rien être. Le problème du jeune qui tombe dans la toxicomanie est précisément qu'il ne sait pas qui il est. Il vit des souffrances, des angoisses, qui peuvent être aussi terribles que les douleurs d'une personne qui meurt d'un cancer.
On croit parfois qu'un toxicomane est une personne qui se °°°°°°° lentement, qui n'a pas le courage de se donner la mort une bonne fois. S'il est certain que le parcours d'un toxicomane ressemble à un °°°°°°°, ce n'est pas forcément son intention. Beaucoup de toxicomanes disent que la drogue est plutôt une façon pour eux de défier la mort. En bravant la mort, en remportant des victoires sur elle, ils se prouvent qu'ils existent. Quant on sait qu'on est quelqu'un, on n'a plus peur de ne rien être, on n'a plus peur de la mort. Ce rapport avec la mort est aussi présent dans certains rites initiatiques : on met la vie des novices en danger dans le but qu'ils sortent renforcés de l'épreuve. Ces procédés sont archaïques et peu rentables, certes, mais ils font partie de la nature humaine.
Les angoisses, les phobies et la dépression résultent d'une mauvaise compréhension de ce qui se passe autour de soi et en soi-même. Un personne qui fait une phobie des couloirs ressent qu'au bout d'un long couloir se trouvent des choses très dangereuses. Elle éprouve une virulente angoisse quand elle entre dans un tel couloir, au point de reculer, de ne plus pouvoir avancer. Même si consciemment elle sait qu'il n'y a pas de danger, son subconscient, lui, est convaincu du contraire et déclenche des angoisses atroces qui dominent le conscient. Beaucoup de phobies concernent le corps lui-même ; par exemple la peur de perdre tout son sang. Un cas pernicieux est celui de la tachycardie, quand le coeur se met à battre trop vite : plus le coeur bat vite, plus la personne a peur de mourir, plus cette peur fait battre son coeur. De tels cercles vicieux existent dans la plupart des phobies et dépressions, par exemple parce que la personne culpabilise d'avoir une phobie. Le remède aux phobies est généralement de permettre à la personne de prendre connaissance de son corps et de son esprit, en lui apprenant à se toucher elle-même et en lui apprenant à dialoguer avec son subconscient. Les anxiolytiques, antidépresseurs et calmants sont très efficaces contre les phobies. Il suffit d'avaler une petite pilule pour pouvoir arpenter tous les couloirs de la planète l'âme en paix. Dans la tenaille d'une crise d'angoisse pire que les flammes de l'enfer, au point de ne plus pouvoir bouger de terreur, il suffit qu'un médecin vous injecte une dose minime d'anxiolytique pour qu'endéans quelques minutes tout aille bien. Ces psychotropes ne sont que des palliatifs : ils font cesser les angoisses mais ils ne guérissent pas la personne de sa phobie ou de sa dépression. Il faut les utiliser quand c'est nécessaire ou dans le cadre d'une psychothérapie ciblée. Mais il faut s'en méfier au plus haut point.
Une vie amoureuse réussie est un des meilleur remparts contre la toxicomanie. Techniquement, de bons amants savent qu'il faut souvent commencer un rapport sexuel par un long flirt. Au cours de ce flirt, on se dit tout, on se pardonne tout. Les caresses et la tendresse mettent les deux partenaires dans un état de bien être le plus parfait. Ils n'ont plus peur de rien, ils n'ont plus besoin de jouer aucune comédie, ils savent qui ils sont, totalement. Ce n'est qu'alors qu'éventuellement ils passent au "sport".
Dans certains cas, une conversation avec une personne qui a pris un peu d'héroïne peut être quelque chose de très agréable. Elle ne ressent plus le besoin de se protéger ou de faire le malin. Elle ne s'offusque jamais et prend le temps de réfléchir. La conversation est ouverte, objective, spontanée, intelligente, chaleureuse et sympathique. En général ce n'est malheureusement pas l'effet que l'héroïne produit ; on a plutôt affaire à une personne insensible ou narquoise.
Pour se sentir bien, un être humain a besoin d'une production régulière de dopamine dans le cerveau. Mais la dopamine n'est produite que quand il a des choses à faire, des enjeux, des travaux à réalise, des obstacles à franchir. Dans les prisons modernes, où les prisonniers sont logés comme des princes et n'ont rien d'autre à faire qu'attendre leur libération, les cas de dépression sont nombreux et sévères. Beaucoup de prisonniers passent tout leur temps de prison sous antidépresseurs, calmants et somnifères. Dans les prisons du passé, où les prisonniers mourraient à cause des mauvais traitements et devaient se battre pour survivre, il n'y avait pas de dépressions. On dirait qu'il faut choisir entre santé mentale et santé physique. La solution n'est évidemment pas de rendre à nouveau la vie des prisonniers dure. Les conditions de vie acceptables qu'ils ont actuellement sont une nécessité. Mais il faut développer dans les prisons un sens du travail intellectuel et physique. (C'est aussi pour cette raison que la Conquête de l'Espace est une nécessité absolue et qu'il faut lui allouer des sommes considérables : parce qu'elle est pour l'humanité un challenge surhumain, une lutte contre l'inconnu.)
Un schéma type de toxicomane est le jeune adulte dont le mode de vie et les préoccupations ne correspondent pas aux attentes de ses parents. Par exemple un jeune homme qui a un tempérament d'artiste et dont le père rêvait qu'il devienne médecin. La désapprobation et le retrait d'affection que vont lui témoigner ses parents peuvent parfois contribuer grandement à disloquer son identité, son image de soi. Il ne sera plus rien, vidé de sa substance. Il ne lui restera plus qu'à se mettre des emplâtres et des sparadraps : consommer des psychotropes.
Une amie qui aime bien sortir m'expliquait : "Le problème avec les jeunes, c'est qu'ils ne connaissent pas le mode d'emploi des produits qu'ils consomment. Ils avalent trop de pilules à la fois, où ils les prennent avec de l'alcool. On les retrouve écroulés dans un sofa, les yeux révulsés, tétanisés d'angoisse. Ils ont l'impression de sombrer dans un trou sans fond. La bonne attitude est de leur parler. Il faut nouer un dialogue avec eux, pour les sortir de l'abîme.".
La preuve que les drogués ont une mauvaise approche de leur problème d'identité est qu'ils doivent sans cesse recommencer à prendre de la drogue. Ils ne progressent pas, ils n'apprennent rien.

Chez les gens civilisés, on donne une identité aux enfants en les aimant, en leur disant et en leur montrant qu'on tient à eux, en les comprenant, en les prenant dans ses bras, en leur permettant d'apprendre et de comprendre beaucoup de choses et en leur donnant l'occasion de faire des sports intenses. Chez les gens un peu moins civilisés, ont utilise la religion ou un nationalisme quelconque pour donner des certitudes aux enfants. On leur affirme qui ils sont. (Si on contrarie un intégriste sur une définition de lui-même qu'on lui a donné, c'est comme si on menaçait de le tuer.) Chez les gens non-civilisés, on ne s'occupe pas des enfants et on les laisse se procurer des psychotropes comme palliatifs.


Il y a des différences secondaires entre la cocaïne et l'héroïne :
La cocaïne intensifie le fonctionnement de tous les neurones (en empêchant la désexcitation des synapses). Elle est dynamisante. Les suites d'une prise de cocaïne sont un grand vide : le cerveau ne fonctionne plus, la personne est comme assommée, absente, elle ne perçoit plus rien, ne réfléchit plus. La cocaïne a fait s'épuiser toutes les réserves de molécules dont le cerveau a besoin pour fonctionner.
L'héroïne peut être dynamisante parce qu'elle désinhibe, mais comme elle isole le cerveau du monde extérieur (en bloquant le passage de l'influx nerveux), à forte dose elle calme et endort. Isolé, le cerveau rêve, il crée son propre petit monde. Le manque physique immédiatement après une prise d'héroïne est du au contrecoup : pendant l'action de l'héroïne le cerveau était coupé du monde, ensuite, il sera connecté au monde beaucoup trop fort : un simple effleurement de la peau sera perçu comme un coup de fouet douloureux. La personne sentira que tout son corps et son esprit son malades, elle crèvera de nausée.
Certains comparent le "plaisir" de l'héroïne aux plaisirs du sexe. Avez-vous déjà mangé des artichauts ? Quand ils sont préparés amoureusement par un bon cuisinier, nappés d'une fine vinaigrette, c'est un des mets les plus doux, les plus chauds, les plus exquis qui soient. On en porte le bien-être encore quelques jours après. Mais avez-vous déjà mangé de la pâte d'artichaut en boîte de conserve ? Ces boîtes sont faites avec de l'amidon, du parfum artificiel d'artichaut et de l'exhausteur de goût. Vous prenez la boîte de conserve, vous l'ouvrez, vous versez son contenu dans une casserole, vous versez de l'eau, vous portez à ébullition, vous versez dans une assiette, vous prenez la pâte avec une cuillère et vous la portez à votre bouche... Et bien ce n'est pas mauvais. Il y a à peu près la même différence entre du bon sexe et l'héroïne qu'entre des artichauts fermiers bien préparés et de la pâte d'artichaut en boîte de conserve. Si une personne vous dit que l'héroïne est meilleure que le sexe, vous pouvez donc en déduire qu'elle n'a pas la longue éducation nécessaire pour être un bon cuisinier. Un jour, elle a essayé de préparer des artichauts. Elles les a brûlés dans la casserole et les a servis à table en versant dessus un demi-litre de vinaigre. On peut comprendre qu'elle préfère ouvrir des boîtes de conserve. Elle pense qu'il vaut mieux manger un succédané d'artichaut que ne pas en manger du tout. Disons que l'héroïne procure un succédané du plaisir d'un câlin. La cocaïne procure un succédané du bien-être et de l'assurance que l'on ressent après un câlin. Personnellement, je préfère franchement apprendre à cuisiner. En attendant, il est hors de question que je me remplisse l'estomac de cet exhausteur de goût qui me donne mal à la tête et qui est une cause de débilité chez les enfants de familles pauvres en Asie.
(Cet exhausteur de goût est le glutamate de sodium : une molécule que notre cerveau utilise pour fonctionner, en très petite quantité. Quand de grosses quantités rencontrent les papilles gustatives de notre langue, les papilles sont affolées, désorientées, et disent au cerveau qu'il y a beaucoup de goût. Comme ce goût était indéfinissable, le cerveau va même commander de reprendre de cette nourriture, pour contrôler ! Des marchands de tabac ont ajouté du glutamate aux cigarettes pour augmenter l'accro. Le glutamate de sodium ingéré en grandes quantités s'accumule dans les neurones du cerveau de façon désordonnée et cause leur mort par empoisonnement. Lisez attentivement les petits caractères sur les boîtes de conserve que vous achetez, les soupes en sachet, les plats préparés, les sauces... Les petits caractères sont aussi intéressants sur les contrats d'assurance que sur les boîtes de conserve et les soupes en sachet.)

La réserve de dopamine du cerveau est limitée. Il n'y a qu'un petit réservoir de dopamine. Quand il est vide, il est vide. Il faut attendre des heures et des jours pour qu'il se remplisse à nouveau. Donc, pour obtenir la décharge de dopamine la plus intense possible, c'est à dire le flash de plaisir le plus puissant, il faut vider le réservoir de dopamine d'un coup. Comme un gros coup de pied sur une poire à eau. Il faut noyer le cerveau en quelques secondes de la concentration maximale de cocaïne ou d'héroïne. Donc il faut se piquer en intraveineuse ou fumer (le produit passe des poumons au sang en quelques secondes). Si on prend le produit par voie orale, en poudre par le nez ou par piqûre dans le gras de la peau, la concentration en produit n'augmente que lentement dans le sang. Il y aura libération de dopamine et sensation de plaisir, mais la dopamine est en train de s'écouler. Quand la concentration en produit devient enfin maximale... le réservoir de dopamine est presque vide, ainsi que les réservoirs des autres molécules utilisées par le cerveau. Il n'y aura donc pas de flash. Il faut choisir : ou un flash brutal et court, ou un bien-être plus calme et prolongé. Tout dépend de la méthode d'administration du produit.


L'éducation d'une personne peut avoir une grande influence sur sa sensibilité à la drogue :
Le système d'éducation confusianiste fait en sorte que l'individu soit incapable de décider par lui-même si ce qu'il fait est bien ou non. Il dépend totalement de l'approbation de ses supérieurs. En d'autres termes : ce sont ses supérieurs qui ont le doigt sur sa glande à dopamine. Cela permet de constituer des groupes de personnes soumis à une hiérarchie très stricte et prêts à travailler comme des forçats. Pour une personne issue d'un tel système, la cocaïne et l'héroïne sont une ineffable bénédiction, le plus merveilleux cadeau des dieux. Pouvoir faire se libérer la dopamine rien qu'en avalant un peu de poudre ! Pour un bouddhiste ou un chrétien, à qui on apprend à décider par eux-mêmes, la cocaïne ou l'héroïne sont des produits ennuyeux. Leurs effets éveillent la curiosité pendant cinq minutes, c'est amusant, puis on se barbe une heure ou deux à attendre qu'ils cessent.
Les intégristes catholiques considèrent que le monde est une vallée de larmes et que le corps est la prison de l'esprit. Ils apprécient donc énormément l'opium, qui coupe l'esprit du monde et de son propre corps. Pour un chrétien ou un bouddhiste, c'est l'inverse : il cherche par tous les moyens à se connecter au monde. Il veut sentir vivre son corps, percevoir les goûts et les parfums, vivre toutes les musiques, capter toutes des émotions de ses semblables.
Beaucoup de personnes n'ont pas appris à voir les choses telles qu'elles sont et à les apprécier. Elle se contentent de rêver la réalité, de rêver ce que les autres feront. Au besoin elles le leur imposeront par la force. Quand la réalité s'impose à elles, elles se ferment, se murent. Ces personnes sont paranoïaques, ou à l'inverse bêtement confiante en tout le monde (les extrêmes se touchent)

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L'équipe du forum propose des conseils pour le sevrage aux benzodiazépines et somnifères mais vous devez toujours confronter ces informations avec votre médecin traitant - les renseignements donnés ne constituant qu'une partie de l'information à prendre en compte dans une situation thérapeutique. Les conseils donnés ici seront donc à suivre à vos propres risques.
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